SCÈNE II
MARGUERITE, EDOUARD, SUFFOLCK, srixK d'Edodard j OARDEs , dans le fond.
ÉDOCARD.
Vous avez souhaite ma présence.
Quelque ressentiment qni nous puisse aniiuer , Mon cœur est équitable et sait vous estimer. Si mon rang à vos vœux me permet de vous rendre, L'illustre Marguerite a droit de tout prétendre.
MAnCUEriTE.
En l'ctat où je suis parais>ant devant toi ,
J'envisage les maux .-iccumtdes sur moi.
Je l'ai vu mon sujet ; j'ai marche souveraine
Dans ce même palais où ton pouvoir m'enchaîne.
Le des lia l'a voulu , jouis de sa faveur.
Mais si ton amc encore est sensible h l'bonnenr
J'en rcclamc les lois sans demander de erace.
Je sais, sans m'avilir , ccder h ma «îiserace.
J'ose attendre de îci mon Slls , ma liLoitc.
Que l'un et l'autre ici soirnt gai ans du traite' '
Qn'à la cour de Louis Waivick a dû conclure;
Tu 'l,«is les accorder, on t"avoucr parjure.
Détermine le prix qae je dois t'en donner.
Mon aspect dès long-temps a dû l'importuner;
Il trouble les douceurs d'un règne illcigiiime.
Il est dur de rougir devant ceux qu'on opprime.
Edouard.
T^on, je ne rougis point d'avoir repris un rang Que trop long-temps Lancaslie usurpa sur mon sang. Je ne veux point ici vous expliquer mes titres ; La haine et l'intérêt sont d'injustes arbitres. Eh! de quel droit enfin, vous , d'un sang étranger. Quand Londres me couronne, osez-vous me juger? De Naplcs <t d'Anjou rincertaine héritière Devrait s'occuperinoins du trône d'Angleterre. Var le peuple cl les grands Lancaslie est condamn»:'.
ACTEI, J^CÈNE II. §
Vous n'êtes plus ici que fille de René ,
Qu'une clrangère iliostre , et non pas une rame.
D'un titre qui n'e.l plus cessez d'être s. vame.
Euire Lonis et moi je ménage un traite
Oni fixera l'instant de votre liberté.
?e le soubaite au moins, .nais je ne pu.s répondre
Des obstacles nouveaux qui peuvent nous confondie.
Les intért-ts des rois coûtent à d.meler ,
Et mon devoir n'est point de vous les révéler.
Attendez jusque-là ma volonté suprême.
MARGUERITE
J'attends tout désormais du ciel et de moi-même.
Je ne m'abaisse point jusqu'h prouver rues droits ,
Ftie sais aue le fer est la raison des rois.
ï-l'crains que dans l'Europe on n'entende mes plamtcs ,
Mais je te puis ici porter d'antres atteintes.
Songe que dans ces murs un peuple factieux,
Tou"iours prêt à pousser un cii sédiueux,
Cruel dans ses retours, extrême en ses offenses,
Peut encore h mon cœur préparer des vengeances ,
Et m'oflVir un plus sûr et plus tacile appui
Que ces rois toujours lents à s'armer pour autrui
Il faut ou m'immoler , on me cra.ud.^ sans cesse.
Peut-être rougis-tu d'accabler la fa; o esse
D'un sexe qui souvent est dédaigne du lien ;
Va, crois que Marguerite est au-dessus du sien.
EDOUARD
Je vois à quel excès la fureur vous égare ;
Mais ce n'est point à vous de me croire barbare.
Contre vous autrefois me guidant aux combats,
Mon père malheureux a trouvé le trépas ;
Par des tributs sanglans j'ai pu le satisfaire :
Je n'imputai sa mwt qu'aux hasards de la gueire.
Je sais vous pardonner ces impuissans éclats
Qtn consolent le faible , et ne le vengent pas.
J'honore vos vertus , je l'avoûrai sans leindre;
Je puis vous admirer, mais je ne puis vous craindre.
Calmez votre douleur auprès de votre fils :
Allez ; son entretien va vous être permis.
Peut-être en le voyan, votre reconnaissance Avoura que mon cœur a connu Ja clémence.
MARGUERITE
M apprendront ,ue, retoar je dois . te^tfaits.