ACTE I , SCftNP: I
Que son retour ici ne nons surprenne pas De tons les Grecs, ob,ets .(.. courroux qm 1 anime, C'est Ulvssc surtout qu'il vond.aU pour v.ct.me.
- ( Les deux soldats s'éloignent. )
PYRRHUS
11 suffit. Ou se peut assurer sur leur foi.
Sur vos desseins secrets ouvrez-vous avec moi.
Parlez.
tJLTSSE.
Fils d'un héros , sonsez bien que la Grèce A de SCS intérêts chargé votre jeunesse. L'État n'a point ici bf»oin de votre bras ; Kt U soûle prudence y doit guider vos pas, Doit fléchi» la hauteur de votre caractère. Quoi qu'on exige enfin de notre ministère, Pour servir h, patrie il faut nous réunir : Elle attend tout de vous, et doit tout obtenir.
PYRKHCS.
Que faut-il?
CLYSSE.
Il s'agit de tromper Philoctète.
Jevoisl'étonnement oùce seul mot vous jette; Mais n'importe, écoutez : il va vous demander Qui vous éles , quel sort vous a fait aborder Sur les rochers dé.erts qui défendent cette 1 c ; Dites-lui sans détour : Je suis le fils d Aciulle. Mais feignez qu'animé d'tin fier resbcntimeut , Et contre des ingrats irrité justement , Vous retournez au-s lieux où vous pûtes naissance; Que vous abandonnez les Grecs et leur vengeance; Les Grec, qui , supplians , abaissés devant vous. Trop instruits qu'llion doit tomber sous vos coups, Ont au pied de ses murs conduit votre courage. Et qui , de vos bienfaits vous payant par l'outrage, Prt^ du tombeau d'Achille ont dépouille son bis; De vos exploits , des siens , vous ont ravi le prix ; Et , préférant Ulysse , ont à votre prière Refusé l'héritage et l'armure d'un père.
58 PHILOCTÈTE
Cgalre moi-même alors, s'il le faut , cclalez
En reproches amers par le courroux, dictes ,
Sans craindre que ma gloire en paraisse iletiie :
On ne peut m'oflenser en servant la patrie j
Et vous la trahissez , si Philoctète entiti
Echappe au piège adroit prépare par ma main.
Ke vous y trompez pas, sans les flèches d'Hercule,
En vain vous nourrissez Tesperance crédule
De renverser les murs du superbe Ilion;
Oui , pour marquer les jours de sa destruction ,
Il faut que Philoctète aille aux remparts de 'l'roic ;
Et des flèches qu'il porte Ilion est la proie.
Vous seul de tous les Grecs, vous pouvez aujourd'hui,
Sans craiute et sans danger , paraître devant lui.
Il ne peut avec eux vous confondre en sa haine :
Vous n'avez point prête le serment qui m'enchaîne.
Vous n'eûtes point, trop jeune au gre de votre ardeur,
De part à nos exploits, non plus qu'à son malheur.
Mais s'il savait qu'Ulysse a touche ce rivage,
Kous devons, vous et moi, tout craindre de sa rage.
C'est la ruse, en un mot , qui , seule , dans vos mains
Fera passer ces traits dont les coups sont certains;
Ces traits , dépôt fatal, tre'sor cher et terrible.
Armes d'un demi-dieu , qui l'ont fait invincible.
Je connais votre coeur ; il feint malaisemc.it;
Sans doute il n'est pas nu pour le déguisement.
ÎNIais le prix en est doux , seigneur : c'est la victoire.
L'artifice est ici le clicmin de la gloire.
Osez tromper pour vaincre, et n'en croyez que moi. •
Ailleurs de l'equite' suivons l'austère loi ;
Sachons en respecter les bornes légitimes ;
Aujourd'hui seulement oublions ses maximes.
Je ne veux rien qu'un jour , un seul jour ; dèsormai».
A vous , à vos vertus, je vous rends pour jamais.
PTnRHUS.
A suivre vos conseils comment puis-je <lesccndre ? liOin de les approuver, je souffre ;\ les entendre. Cessez, iils de Lacrtc , un semblable discours : Achille lie m'a pf>int instruit h ces détours : .\ son sang, comme à lui , la frau<le est étrangère;