‹ Théâtre françaisChapitre 43 sur 184 · ACTE I, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE

Et ce n'ctaieut point là les armes de mon rèrc. S'il nous faut entraîner Pliilociiic aux combats, Je prétends contre lui n'employer que mon bras. Faible et seul contre tous, où serait sa défense? J'ai promis avec vous d'agir d'intelligence; 31ais, dût-on m'accuser de faiblesse et d'erreur , Je crains le nom de traître, il me fait trop d'horreur. J'aime mieux , s'il le faut , succomber avec gloire, Que d'avoir à rougir d'une indigue victoire.

TJLTSSE.

Et moi , Pyrrhus , aussi comme vous autrefois ,

Sans rcni" <la"s '^'s dangers , dans les conseils sans vois ,

Je crus que la valeur seule pouvait tout faire.

Aujourd'hui que le temps me détrompe et m'eclaire ,

Je vois qu'il faut surtout , pour régir des tlats ,

Que la tète commande et conduise le bras.

PTRKHrS.

Mais quoi ! c'est uu mensonge enfin qu'on me demande.

ULYSSE

Le mensonge est léger; la recompense est grande.

PYRRHUS

De fléchir ce guerrier n'est-il aucun moyen ?

ULYSSE

La douceur ni la force ici ne peiivcnt rien.

PYRRHUS

La force ! ce mortel est-il donc indomptable ?

ULYSSE

Ses traits portent la mort , la mort inévitable.

Ainsi , l'on risque même à s'offrir devant lui .

ULYSSE

Oui , si l'art ne vous sert et de guide et d'appui.

PYRRHUS

Trahir la vérité ! le peut- on sans bassesse ?

ULYSSE

On le doit , s'il s'agit du saUu de la Grèce.

*» PHILOCTÈTE

PTRRHCS.

Me resou.lre à tromper! moi, seiç^neur! J'en rougis.

ULTSSE.

Eh comment! rougit-on de serrîr son pajs ?

PTRHHDS.

Quoi! pour servir les Grecs, n'est-il point d'autre voie?

ULYSSE

A Philoctéte enfin les dieux ont promis Troie.

PTRPHUS.

Ainsi l'on m'abusait, lors.^u'on a prétendu Qu a „,e. de.tins , k moi , ce triomphe était d.î: tt mon cœur , q„e flatta son erreur et Ja vôtre a enivrait d'un honneur reservj pour un autre!*

TLTSSE.

La gloire entre tous deux est commune aujourd'hui : il ne peut uen sans vous, ni Pjrrhus rien sans lui.

PTRRHCrS .

« Eh bien! des immortels il faut remplir l'oracle !

« A lenrs profonds d.s.eins qui pour, ait mettre obstacle '

Je .lo.s venger un père , et soutenir son nom : « l.et honn-nr n'appartient qu'au vainqueur d'Uioa. « J a. pour le mériter fait plus d"un sacrifice « \ Pl.il'.ctète au moins je puis , sans artiGce . « Me j.la.n.lre de. affronts dont je fus indigue : « Je tanai seul-mcnt que j'ai tout pa.donne. « I u.^qu ,1 le faut enfin , je consens qu'il ignore « Qu offense parles G-ecs, Pyrrhus les sert encore. « Il en conte a mon cœur et je cède à regret. »

CLTSSE.

Accomplissez des Dieux l'immuable décret.

J-e piix de la sagesse et celui du courage,

De qui leur est soumis est le double ap.magc.

PYRRHUS

Je bannis tout scrupule... on le veut... j'obéis.

ULYSSE

Mes conseils dans ce cœur sont-ils bien affermis?

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