‹ Théâtre françaisChapitre 50 sur 184 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

PYRRHUS

Mon ame intiaiidee De cet lionible c'iat...

PHILOCTÈTE

ïu n'en as pas l'idée.

Mais prends pitié de moi , je t'en conjure : helas ! Que l'aspect de mes maux ne te rebute pas. Ne m'abandonne point... Ma blessure fatale Produit ces noirs accès, calmes par intervalle. Je dois te l'avouer.

PTRRHUS.

N« craignez rien. Qui! moi, Moi, vous abandonner, quand vous avez ma foi! Venez , et rappelant votre force première...

PHILOCTi:TE.

J'implore, mon cher fils, une grâce dernièie • Le mal qui ma surpris, finit p'ar le sommeil- Et le soulagement suit l'instant du réveil. '

Maintenant abattu , trop faible pour te suivre, A tes soins généreux Phiioctéte selivie. , Viens dans ma grotte , viens , je mets en ton pouvoir Ces flèches que tes yeux ont souhaite de voir; Mais prends garde surtout que la force ou l'adresse N'enlève ce dépôt qu'entre tes mains je laisse. Je perds tout, si jamais. . .

PYRRHUS

Non , soyez rassure :

Je réponds snr mes jours de ce trésor sacre.

PH LOCTÈTE.

C'est mon unique bien , c'est le seul qui me reste : V^eudle le juste ciel qu'il te soit moins funeste (^u d ne le fut, helas ! pour Alcide et pour moi!

PYRRHUS

Le ciel nous conduira ; nous marchons sous sa loi ■ f'uisse-i-d nous frayer une roirte prospère !

PHILOCTÈTE

11 n'exaucera point tes vœux et ta prière.

54 PHILOCTÈTE

L'indomptable veniu, passant jusqu'à mon cœur, Dans mon sang embrasé bouillonne avec fureur j Il redouble de rage , il s'acharne à sa proie... Ah ! ne me quittez pas , amis, que je vous voie!... Ne vous éloignez point... Il faut, il faut qu'enfin.. . Ulysse , que ce feu ne bi ùlc- 1- il ton sein ! C'est h vous , fils'd'Atre'e , à vous, ô rois perfides ! A vous seuls (ju'étaient dus ces tourmens homicides. O mort, dont tant de fois j'implorai le secours; Mort, que toujours j'appelle , et qui me fuis toujours, Quand me recevras- tu dans mon dernier asile?

(à Pyrrhus.) Prends le feu de Vulcain qui brûle dans cette île; Mets-moi sur le bûcher , comme jadis mes mains Osèrent y placer le plus grand des humains. Le prix que j'en reçus sera ta récompense... Mais il ne m'entend pas : je n'ai plus d'espérance. Pyrrhus ! oii donc es-lu, cher Pyrrhus ?

PYRRHUS

Je gémis, Je pleure sur vos maux.

PHILOCTÈTE

1"u pleures , mon cher fils !

Garde cette pilié j jure, quoi qu'il arrive, De ne me point laisser mourant sur cette rive. Ta bouche l'a promis j ton cœur ne peut changer. Mon mal est effrayant, mais il est passager. Je n'esi^ère qu'en toi.

PYRRHUS

Soyez sans défiance.

PHILOCTÈTE

Qu'un serment solennel m'en donne l'assurance.

PYRRHUS

J'en atteste les dieux : recevez-en ma foi.

PHILOCTÈTE

Ah ! ne me touche pas , n'approche point de moi.

Eb quoi! de mes secours vonlez-vons vous défendre?

Page 1