ACTE m, SCÈNE I. 8j
Pour expier ma faute, et pour la reparer.
ULYSSE
Et quelle faute, encore?
PYRRHUS
Ah! d'avoir pu vous croire , Lorsque , fidèle aux Grecs, et tiahissant ma gloire, Je me suis abaisse' jusqu'à tromper la foi De cet infortuné qui se livrait à moi.
ULYSSE
Et que pre'lendez-vous ?
PYRRHUS
Lui rendre enfin justice,
ULYSSE
Vous ! comment ?
PYRRHUS
Je n'obtins que par un artifice Ces traits que d'un héros lui laissa l'amitié j Et je lui remettrai ce qu'il m'a confie.
ULYSSE
Juste ciel ! ce dessein, qui me remplit d'alarmes. Vous pourrez l'accomplir ? vous lui rendrez ses armes? Ah ! de grâce , songez. . .
PYRRHUS
Tout est examine.
ULYSSE
Vous l'avez re'solu ?
PYRRHUS
J'y suis déterminé.
ULYSSE
"Et Pyrrhus pense-l-il qu'ici rien ne s'oppose Au funeste projet que son cœur se propose ?
PYRRHUS
Et qui l'empêchera ?
86 PHILOCTETE.
ULYSSE
Qui? tous les Grecs et moi.
PTKBHCS.
Je brave leur courroux , et ratlcnds sans effroi. Quand je fais mon devoir , je ne saurais rien craiudre.
ULYSSE
Le devoir ! croycz-vous , seit;iicur , ne point l'cnfreindie?
Est-ce donc à-vous seul que doit appartenir
Un bien que mes conseils vous ont fuit obtenir ?
PYRPHUS.
Il est vrai , vos conseils (il faut que j'en roucisse, ) IM'avaient fait maigre moi comurettrc une injustice. Ici la polili(iue emprunta votre voix : INlais Tcquite l'emporte; et j'accomplis ses lois.
ULYSSE
Ainsi donc , laissant Troie h nos conps e'chappee, C'est contre vous, P3'nhus, qu'il faut tirer iepcc.
PYRRHUS
Armez-vous contre moi : la mienne est prête : allez.
ULYSSE
Les Grecs vont vous punir , puiscpic vous le voulez. Vous n'aurez pas lon£;-tcmps dtfic leur puissance; El la peine du moins suivra de près l'ofiense.
( // sort. )