ACTE I, SCENE III. «o
Et ce grand intérêt exige qu'un héros Contre son ascendant rassure ses égaux ; Que la vertu dans lui se montre populaire : C'est peu de les servir 5 il faut encorleur plaire,
CORIOLAN
Non ; s'il faut les flatter, je ne leur plairai pas. Citoyens dans nos murs, hors de Rome soldats. Que de Tetat en nous ils respectent les pères , Et Rome jouira de ses destins prospères. S'ils veulent tout rcL'ir, ils vont tout entraîner. Eh! le peuple cst-il fait pour savoir gouverner?; N'est-il pas au pouvoir du fituibe qui l'ohaède? Tout est perdu pour nous , si le sénat lui cède.
VÉTURIE.
Il cède avec .'iagesse ; et peiit-ou l'en blâmer? Vous irritez ce peuple : il faut le désarmer.
CORIOLATf.
Quoi donc! à ses arrêts mi digniie' soumise....
VÉTURlE.
Un décret du se'nat à jugi-r rautDvise.
CORIOLAN
Et sur quoi me juger? suis-je donc criminel ?
VÉTTRIE.
Non, vous ne Tètes pas : ]\-n rends grâces an ciel.
Si vous Tétiez, mon fils, me verriez-vous tr.infiiiiile ?
Je dirais : Marcins , va chcicher quelque asile
Où tu sois inconnu : n'attends pa» que Ja loi,
En flétrissant ton nom, me frappe ai'i.-i que toi.
Vous êtes innocent : je suis in assurance.
Descendez pour le peuple à quelque di-ference.
Ne nous exposez pas au plus affreux des mavix.
Faut-il que de Tctat les deux ordres rivaux
Pour vous seul, ô mon fils! embrasent cette ville?
Serez-vous le flambeau de la guerre ci-ile ?
N'est-ce donc pas assez de craindrf l'étranger?
Le Volsque est sous nos murs; et , loin de nous venger.
Nos consuls devant lui cachent l'aigle indignée.
Ah ! que Rome en péril soit par vous e'pargnce !
'oG CORIOLAN.
Voulcz-voiis jiis'ui'aii bout braver avec Jclat L'autorité du peuple et celJe dn sciiat?
CORIOLAN
Je me rends seulement h celle de ma raére.
Je me ioumets pour vous à cette honte amère.
Un fils, h tous vos vœux instruit k consentir,
Kc commencera pas à vous désobéir.
Sans doute de mon sort le peuple n'est pas maître j
^'importe : devant lui je suis prêt à paraître.
Coriolan, grands dieux! devant Sicinius!. . .
..\llons , TOUS le voidez , je n'y résiste plus.
Mais, dans rabaissement oii je puis me contraindra.
Je ne saurais du moins les prier ni les craindre,
Ni prendre devant eux ces soins humiiians
D'obscurcir mes habits du deuil des supplians.
Ils verront si je puis trembler en leur présence.
VÉTCRtE.
La fermeté modeste honore Tinnorence.
]\e les implorez point, et ne les bravez pas.