‹ Théâtre françaisChapitre 93 sur 184 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

DEUX FEMMES aoMA INES, FL AVIE, VETURIE e« rfeMt/, CORIOLAN.

rORTOLAN.

Que vois-je?... Vous, ma mère! ah! m'ètes-vous rendue? Partagez les transports dont mes sens sont e'mus. Dans cet embrassement...

i3î CORIOLA?<.

VÉTCRTE.

Arrête, Marcius.

Viens-tu pour embrasser ta mère ou ta captive? Ordonnes-in ma mort, ou faut-il que je vive? Es-tu mon fils eufin , ou bien mon ennemi? Parle.

CORIOLAN

A ce mot affreux tout mon cœur a frcmi. Non, l'exil et l'outrage, et Rome et sa colère, K'ont point flétri cette ame aussi tendre que tière. Quoique par tant d'affronts ce coeur soit déchire', Les Romains ne l'ont pas rendu dénature'.

VÉTURIE.

Qu'as-tn donc fait, croel? que veux-tu faire encore?

Qui m'amène à tes veux dans ce camp que j'abborre ?

En quels lieux te revois-je? où suis-je ? quelle main

Prétend anéantir jnsqaes au nom romain?

C'est celle de mon fils , du fils de Veturie.

A l'aspect de ces murs, quoi! maigre ta furie.

Tu n'as pas dit toi-même à ton cceur attendri :

C'est là que je suis ne' , là que je fus nourri !

De mes fils, de ma femme , on y garde la cendre!

C'est là que vit pour moi la mère la plus tendre !

Tu la forces, barbare, en sa calamité,

A maudire l'hymen et sa fécondité;

A pleurer la naissance, hêlas! jadis si chère!

Pour le malheur de Rome ai-je donc êtc mère ?

J'ai produit le plus grand de tous ses ennemis •

Rome ne craindrait rien, si je n'avais un lils!

Ah ! cette horrible idée accable mou courage.

CORIOLAJÎ.

Vous plaignez les Romains! n'accusez que leur rage. Vous rue montrez ces murs! là sont mes oppresseurs; Là sont mes ennemis : ici mes défenseurs. Ce camp qui vous irrite e^t mon imique asile: D<iis-jo lui préférer Rome (l'f)ii l'on m'exile? Qui doit m'etic plus cher du Voisque ou du Romain ? L'un , pour qui j'ai tout fait, est injuste, inhumain, Par un bannis.><'meut a paye mon service ;

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