‹ Théâtre françaisChapitre 99 sur 184 · DEUX FEMMES ROMAINES, FLAVIE , VETUR.IE · texte numérisé non relu

DEUX FEMMES ROMAINES, FLAVIE , VETUR.IE

VOLUMNIUS

VÊTURÎE.

VoLTJMNius s'avance.

Sur son fioat consterne je lis tous nos malheurs. Je vois.,.

VOLUMNIUS

O coup affreux ! ô comble de douleurs ! Qu'il vous en coule , liclas ! pour avoir sauve Rome !

tétbrte.

Quoi ! mon fils ! se peut- il ? achevez. . .

TOLUMNIUS.

Ce grand homme Est victime à la fois des Volsques, des Romains. 11 meurt.

VÉTURIE.

Mon fils ! grands dieux ! qu'a-t-on fait ? fiucllcs mains ....

Je succombe.

{Elle tombe dans les bras de Fla^'ie.)

VOLUMI^IUS.

Au conseil j'étais admis encore.

Cehe'ros, qu'à jamaio, il faut que l'on déplore, S'y montre tniu h coup , ose leur annoncer Qu'à l'attaque de R(ime ils doivent renoncer; Que contre elle son bras ne pent rien entreprendre. Du côte' de TuUiis im cri se fait entendre. Ses amis indignes , dont le ressentiment De perdre Marcius attendait le moment , Se lèvent en fureur : 'c O Volsques ! quoi ! ce traître « Vous sacrifie à Rome , et veut parier en maître ? « Ce transfuge aux Romains nous aura donc vendus ! « Immolez le perfide, ou vous êtes perdus. >; Sur lui, le fer en main , ils foadenl avec rage.

,4o CORIOLAN.

Le héros , dont le nombre accable le coiirac;e , Abandonne sa vie à leur lâche courroux , Et sous tant d'ennemis tombe perce de coups. Il invoquait en vain les dieux vengeurs du crime. Les assassins , couverts du sang de leur victime , Ont fui , comme effiaye's de leur propre ftireor ; Tous se sont disperses : et moi , saisi d'horreur, J'embrassais mon ami , le baignais de mes larmes. Mais lui : « Dissipe , he'las ! de trop justes alarmes j « Revole vers ma mère, a-t-il dit ; tes secours « Peuvent seuls à mon cœur repondre de ses iours. « Heureux si, retrouvant un reste de lumière, K Je puis la voir encore à mon heure dernière! » Tandis que mes Romains , par un trop vain effort. En arrêtant son sang ont retarde sa mort , J'ai couru vers ces lieux , le desespoir dans l'ame. Mais, par pitié pour vous, e'pargnez-vous , madame , De votre fils mourant le douloureux aspect j Puisqu'on vous garde encore une ombre de respect Venez , arrachez-vous de ce lieu trop funeste , He'las ! et profitez «lu moment qui vous reste.

VÉTCBIE.

Eh ! qu'importe ma vie en ces instans affreux ?

Je veux revoir mon fils : oui , ce cœur maiheureax.

Ce cœur désespère demande encor sa vue.

S'il meurt , j'en suis la cause , et c'est moi qui le tac.

C'est moi... Guidez mes pas...

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