‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 28 sur 79 · SCÈNE XIII BOURSOUFLE, FRONTIN · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII BOURSOUFLE, FRONTIN

BOURSOUFLE

Charmante femme!

FRONTIN

C'est Subtil qui, pour la danse, Voudrait savoir...

Frontin, ça n'a plus d'importance.

Nous partons.

FRONTIN

Nous partons?

BOURSOUFLE

Je ne suis plus chez moi.

J'ai donné ma maison à Cydalise.

FRONTIN

Quoi ?

BOURSOUFLE

Je retourne à Lucinde.

FRONTIN

Et le prince?

BOURSOUFLE

On l'évincé.

Je suis le gouverneur qui rentre en sa province.

FRONTIN

Alors, madame Cydalise?

BOURSOUFLE

Pauvre enfant !

Je l'abandonne, hélas! Je reviendrai souvent Pour la guider, la consoler, chère petite ! Mais elle est ridicule. Il faut que je la quitte! Et La quitter ainsi, cela m'émeut beaucoup. Elle pleure, Frontin! et c'est cela surtout Qui me rend malheureux et me déchire l'âme. Vois-tu ! Je n'aime pas voir pleurer une femme. Peut-être en ce moment atterrée et sans voix Elle s'évanouit pour la troisième fois.

Ou, mieux, songeant combien sans moi la vie est vaine Elle cherche un poison qui termine sa peine. Que c'est triste et flatteur.

(La porte du fond s'ouvre. Lucinde apparaît tenu al une coupe de Champagne à la main. Annette est de dos et soupe. Les rires et tout le bruit d'un souper joyeux.)

BOURSOUFLE

Hein !

FRONTIN

Oh!

BOURSOUFLE

FRONTIN

Qu'est donc ceci?

On soupe !

BOURSOUFLE

Quoi, sans moi?

LUCINDE

Baron! encore ici?

Ce rire!... Cydalise!... Oh! mais je perds la tète!

LUCINDE

Cydalise, invitez donc Boursoufle à la fête! 11 reste là tout seul. Ce n'est guère gentil.

an nette, sans se lever, dune voix qu'elle essaye de rendre indifférente.

Boursoufle est encor là! Je le croyais parti 1

lucinde, qui s'est levée, à Boursoufle.

Vous accepterez bien un verre de Champagne?

boursoufle, furieux.

Vous dites ?

lucinde, à Boursoufle.

Ah! ces fillettes de la campagne 1 Dès l'auberge, on savait qui vous étiez, mon cher!

LUSSAC

Ravissant!

BOURSOUFLE

Ah ! c'est mal !

frontin, à Boursoufle, bas.

Monsieur, soyez plus fier!

BRÉCY.

As-tu gagné, Boursoufle?

boursoufle, à Frontin, ba*.

Oui. (Haut et baisant la main de Lucinde.)

Mon gain n'est pas mince, Messieurs.

LUCINDE

Tous mes regrets, je reste avec le prince. Reprenez votre clé.

<ii k. riant.

Pauvre homme!

BRÉCY.

Il reste coi.

BOURSOUFLE

A la fin, c'en est trop. Je suis ici...

annette, qui est descendue en scène avec le marquis.

Chez moi !

BOURSOUFLE

C'est vrai. Frontin, je crois que l'on nous congédie.

FRONTIN

Eh bien, monsieur! Il faut trouver une sortie. Mais, monsieur, parlez donc, confondez-les...

BOURSOUFLE

Oui, mais!

FRONTIN

Faites le Paon, Monsieur, c'est l'instant ou jamais!

Maraud!... il a raison.

FRONTIN

Trouvez donc quelque chose!

BOURSOUFLE

Frontin, je vais sortir dans une apothéose! {A Cydalise.)

Je vous ai prise pauvre, en un coin délaissé,

Vous voilà riche, heureuse et pourquoi? J'ai passé!

Tout est à vous ici, j'en ai le cœur allègre !

Tout! Ma maison, mon parc, mes laquais, dont un nègre!

Mon luxe, mes tableaux, tout enfin, plus encor!

Car dans mon boudoir bleu broché de satin d'or

Vous trouverez, dans une bourse presque mauve...

Oh! Je suis grand Seigneur pour les choses d'alcôve,

Adieu! soyez heureuse et gardez tout! C'est bien, Je ne veux prendre ici qu'un objet... presque rien...

(Et il lui enlève prestement la rose qui orne son corsage.)

Je vous laisse un palais... et j'emporte une rose.

(A Frontin, et sortant.)

Tu vois, Frontin, je sors dans une apothéose !

(// sort, suivi de Frontin, tandis qiCAnnette s'affaisse sur une chaise, son rire brusquement changé en sanglot.)

RIDE A

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