SCÈNE II Les Mêmes, HENRIETTE, PHILIPPE
Philippe, entrant derrière Henriette.
Si. Si. Elle est ravissante. Ravissante! E>'ailleurs vous vous habillez à merveille. Un petit conseil seulement. A votre place je ferais rétrécir les manches. Oh! un peu, très peu!
Henriette, minaudant.
C'est vrai, votre conseil est juste. C'est étonnant comme vous conseillez bien.
MAGGIE, à GASTON.
Comte, vous avez entendu... Il me semble que...
GASTON
Aucun rapport. C'est de la camaraderie.
Henriette, apercevant son mari.
Comment, vous êtes encore là?
GASTON
Oui... non... je prenais congé.
HENRIETTE
Mais, mon cher... et votre poule?
GASTON
Ma poule? Ratée. Il est trop tard.
HENRIETTE, poilllue.
Ah ! vraiment! Vous prenez la chose en philosophe. Une philosophie de douze mille francs. C'est coûteux!
MAGGIE, à GASTON.
Comment, je vous ai fait perdre douze mille francs? Oh! je vais vous les rendre !
GASTON
Ah! non! Ceci, Madame, c'est par trop parisien!
HENRIETTE
Eh bien? Et votre caoutchouc? Vous allez le rater aussi?
PHILIPPE
Son caoutchouc?
gaston, affaire.
C'est vrai! ma foi oui! J'oubliais! Et justement aujourd'hui j'ai mangé des pommes de terre.
HENRIETTE
Vous avez mangé des pommes de terre! Ah! bien, cela, c'est le comble.
gaston, il cherche en courant ses gants et son chapeau.
Vous avez raison! Jamais je n'arriverai à perdre mes trois livres d'ici à dimanche. Je suis impardonnable. Je me vautre dans le bien-être. Adieu, Philippe, adieu, mon vieux! (// Iw serre la main tout courant.) Madame, mes hommages! Vous m'excusez, n'est-ce pas? La vie de loisirs la plus large a ses petites exigences.
PHILIPPE, sincèrement.
Mon brave Gaston! Tu es un flâneur tout de même! Tu ne fais rien et je te rencontre toujours pressé!
HENRIETTE
Oh! il est insupportable. S'il avait une fortune considérable à gérer comme la vôtre, mon cher Philippe, je me demande où il prendrait le temps de le faire.
Gaston regarde sa femme, va pour parler, puis : C'est vrai! Adieu. {Il sort.)