‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 62 sur 79 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Les mêmes, PHILIPPE, HENRIETTE.

Henriette, rentrant.

Je suis sûre de l'avoir laissé sur la table.

PHILIPPE

Nous allons voir. (Entrant et surprenant sa femme dans les bras du comte.) Ah! par exemple !

GASTON

Sac rebleu!

maggie, bas à Gaston.

Laissez-moi faire!

Philippe, à sa femme qui n'a pat bougé et lui sourit dans la même attitude qu'Henriette avait eue avec elle. C'est trop fort! C'est trop fort! Gaston, tu m'en rendras raison... Quant à vous. Madame...

maggie, toujours Souriante.

Mais qu'avez-vous donc, cher ami? (Elle imite le persiflage d'Henriette.) Je ne parviens pas à comprendre vos exclamations! Le moins que j'en puisse dire, c'est qu'elles sont d'un assez mauvais goût.

PHILIPPE

Comment! Vous persiflez!

MAGGIE

Fi! que cela est peu parisien!

Maggie! Si vous osez!...

MAGGIE

Ah ! fi! (Elle agite son mouchoir comme l'a fait Henriette.) Ce n'est plus moi qui sens le pétrole ici.

PHILIPPE

Prenez garde.

GASTON

Voyons, mon cher !

MAGGIE

Parce que vous me surprenez au bras d'un de vos amis? La querelle est plaisante. Ça m'arrivera tous les jours ! Est-ce que dans votre monde, à vous tous, les hommes ne sont pas avec les femmes un peu cousins? (A Henriette.) Les d'Evreux et les d'Arleval ne sont-ils plus cousins, my dear, depuis lantôt?... Ou bien ne le sont-ils que quand je vous surprends embrassant mon mari?

gaston, à sa femme.

Comment! Maggie vous a surpris?

MAGGIE

Embrassant mon mari.

gaston, furievx.

Ah ! par exemple !

MAGGIE

En cousins, cher Gaston, en cousins.

GASTON

Comment, en cousins?

Demandez à mon mari.

PHILIPPE

Oui, mon cher, oui. Nous sommes cousins. Tu ne le savais pas ? Si. Il y a eu une alliance. . .

t. iv. 10

maggie, ironique.

Sous Charlemagne.

Gaston, ahuri.

Sous Charlemagne?

HENRIETTE

Mais oui !

PHILIPPE

Mais oui! sous Charlemagne. Tu ne te souviens pas? Non, naturellement. Tu n'étais pas avec nous.

GASTON

Avec vous, sous Charlemagne?

PHILIPPE

Non. Avec nous quand nous avons découvert cela, ta femme et moi, tantôt, après le déjeuner, en fowillant dans de vieilles paperasses. N'est-ce pas?

HENRIETTE

Mais parfaitement. C'est drôle, tu ne trouves pas? Cela nous a semblé drôle, si drôle que nous nous sommes embrassas... eu riant, tu comprends... en riant. Tu ne ris pas?

gaston, ahuri.

Si, si, je ris!

PHILIPPE

C'est crevant!

gaston, sans conviction.

C'est crevant!

UAG6TE.

Eh bien, vous ne vous embrassez pas ?

GASTON

Ah! vous croyez qu'il faut?

MAGGIE

Yes! yes! Il faut! 11 faut!

Philippe, hésitant.

Mon vieux !

Gaston, même jeu.

Mon vieux!

MAGGIE

Go on ! Go on ! Vous êtes en famille !

PHILIPPE

Mon cousin !

GASTON

Mon cousin! (Ils s'embrassent.)

Et nous! ma chère Henriette?

Henriette, interloquée.

Nous?

MAGGIE

Oui... Je vous ai dit que je vous embrasserais quand je comnencerais à me sentir Parisienne.

HENRIETTE

Mon Dieu!...

MAGGIE

Vous ne voulez pas?

HENRIETTE

Mais si!

MAGG1E.

Ma cousine!

HENRIETTE

Ma cousine! (Elles s'embrassent.)

maggie, au public.

Ça 1-ur en bouche un coin!...

RIDEAU

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