SCÈNE VIII Les même?, PHILIPPE, BERTRAND, HENRIETTE
PHILIPPE
Eh bien, Maggie! C'est ridicule! Vous désertez le bal! On a cotillonné sans vous; j'ai été obligé de dire que vous aviez la migraine.
HENRIETTE
Tout le monde vous réclame, ma chère. Depuis que vous êtes disparue, vos salons ont perdu lejr éclat.
Henriette dit vrai, marquise. C'est mal de nous délaisser
ainsi. Le bal sans vous est comme un blason de France où manquerait la fleur de lys.
TOUS
Ah!
PHILIPPE
Montrez-vous au moins à nos invités avant qu'ils ne partent.
MAGGIE
Je crois bien. Je suis inexcusable. Mais je parlais avec Monsieur d'Arleval. Nous causions du bonheur. N'est-ce pas, mon ami? C'est un sujet trop grave pour une fête mondaine... J'étais folle! Mais je vais réparer... Il ne faut pas qu'on parte déjà. On doit souper par petites tables. Je ne veux pas me coucher avant trois heures du matin. Philippe, aidez-moi. Nous allons réveiller le bal qui s'endort.
PHILIPPE
A la bonne heure. Je vous retrouve.
HENRIETTE
C'est çà, oui, soupons!
TOUS
Soupons!
BERTRAND
A la fin du souper, je dirai quelque chose.
Vous êtes à éclipse comme les phares! C'est étonnant! Ce je ne sais quoi qui fait la femme de Paris, vous l'avez, ce je ne sais quoi, vous l'avez de nouveau.
MAGGIE
Vraiment, je suis ravie! (S'arrêtant un instant et le considérant.) Eh bien il me vient une idée, mon cher.
PHILIPPE
Laquelle?
MAGG1E.
Vous aussi il vous manquait quelque chose.
PHILIPPE
Ah!
MAGG1E.
Oui. Pas graad'chose : une nuance Un « je ne sais quoi », justement ce qui faille mari parisien. Ça vous a manqué longtemps. Eh! bien! vous l'avez maintenant! Vous l'avez!...
{Eli' entraîne Gaston, tandis que la musique 'et que d'Evreuac rêveur regarde Henriette qui rit.)
RIDEAU