SCÈNE PREMIÈRE MAURICE, JEANNE, ROBERT
MAURICE
Tu m'as mis du sucre?
JEANNE
Oui, deux morceaux. Un verre d'anisette?
ROBERT
Non, de fine Champagne. Vous savez, c'est mon faible.
JEANNE
Il n'y en a plus, mon pauvre ami.
MAURICE
C'est ennuyeux.
Plus qu'ennuyeux.
JEANNE
J'en aurai dimanche prochain, Robert, je vous le promets.
ROBERT
Partir! sortir! tu ne penses qu'à cela. Tu n'es donc pas à ton aise chez toi? Quelle rage de locomotion t'a pris?
MAURICE
J'ai tout simplement assez de Paris.
ROBERT
Fais des projets de vacances. Où irez-vous cet été ?
JEANNE
A Villers-sur-Mer probablement. A moins que nous n'allions en Hollande; je voudrais voir ça, la Hollande! Et toi, Maurice ?
MAURICE
Peuh!
JEANNE
Qu'est-ce que tu as? Tu as l'air d'avoir mal à la tète?
Non.
ROBERT
Tu n'as pas de mauvaises nouvelles de tes parents?
MAURICE
Non, quelle idée!
JEANNE
La lettre de ce matin, c'était de ton père?
MAURICE
Non, de mon grand-père. Il va bien, merci.
JEANNE
C'est la Hollande qui ue te dit rien?
MAURICE
En principe, ça me dit. Mais je n'aime pas faire de projets à trop longue échéance.
JEANNE
C'est ce qu'il y a de plus amusant.
MAURICE
Moi, j'en ai peur. Ça porte malheur.
JEANNE
Tu es morose aujourd'hui. Tu as très mal?
Mais non, ma chérie. Je n'ai pas mal.
JEANNE
Tant mieux. (Elle l'embrasse.) A. tout à l'heure; je sors. Vous ne voulez pas rester dîner?
ROBERT
Merci mille fois. Vous connaissez mes principes.
JEANNE
Ils sont ridicules. Vous ne nous aimez pas assez. Allons, au revoir. D'ailleurs je vous reverrai. J'en ai pour une demi-heure tout au plus. (Sur le pas de la porte, à Maurice.) Au revoir, mon loup.
(Elle envoie un baiser.)
maurice, mora?.
Revoir, mon loup.
(Elle sort.)