SCÈNE IV DRAKTON, RENÉ
RENE
J'ai reçu votre bleu, mon cher Eric!... Eh bien?
l'epervie;r. 105
"" DRAKTON.
Confirmé !
RENÉ
Ah ! je ne sais pas comment vous remercier. Grâce à vous, nous le tenons. Il faudra bien qu'il nous donne une réponse, bonne ou mauvaise.... Enfin, nous le tenons.
DRAKTON.
Je Tespère! J'ai eu sur lui des renseignements assez bizarres. Il paraît qu'il prend de la drogue. Bah! il viendra... l'affaire que je lui propose est trop tentante.
RENÉ
L'affaire?
dr.\js;ton.
Oui... le mot affaire vous étonne, proposée k un seigneur comme Dasetta... mais je me suis informé... il a toujours fait des affaires... des concessions, des terrains... des chemins de fer, c'est du sport.
rené.
Je sais, je sais.... Oui, dans votre bleu.... {IL cherche.) Qu'est-ce que j'en ai fait?
DRAKTON.
Qu'importe?
Oui... ça m'avait déjà frappé; cette affaire... ce n'est donc pas un prétexte pour l'attirer ici... c'est une affaire réelle, sérieuse?
DRAKTON.
Je ne fais que des affaires réelles, et une affaire est toujours sérieuse.
RENÉ
Non, mais enfin, Dasetta assumerait des responsabilités?... Vous pourriez, à cause de lui, courir des risques?
DRAKTON.
Sans doute, pourquoi?
RENÉ
Mais parce que... parce que Dasetta est un homme du monde qui... qui n'a pas Thabitude.., qui ne paraît pas... indiqué.... Il a fait des affaires... il n'en a jamais dirigé.
DRAKTON.
Oh! j'ai pensé... c'est une affaire très moderne où il y a de l'aventure, du péril.... Dasetta est intelligent, audacieux, il réussira.
RENÉ
Tout de même, à votre place, je n'aurais pas en ses capacités une confiance....
DRAKTON.
René, je ne comprends pas. Ce langage de vous... n'est pas joli. Je fais ça pour procurer de la distraction véhémente à ce garçon. 11 doit en avoir souci. ■
RENÉ
Eric... ma situation est... très gênante, je m'en rends compte... et, pourtant, pour certains motifs....
DRAKTON.
Quoi? Il y a autre chose, alors? Si vous avez des raisons graves, dites-les.
RENÉ
Non, je n'ai aucune raison: mais, écoutez-moi. Eric, il vaut mieux... il faut que je cause moi-même avec Dasetta avant que vous- le voyiez.
DRAKTON.
Attendez d'abord qu'il soit là et que je sache dans quelles dispositions vous le trouveriez.
RENÉ
Enfin....
DRAKTON.
Enfin, ne mettez pas la charrue avant les vaches. Jusqu'ici, je crois, vous n'avez pas à vous plaindre de ce que j'ai fait.
RENÉ
Voyons, Eric! Il ne s'agit pas de....
DRAKTON.
Eh bien, alors, mon cher ami, laissez-moi faire.
{Le maître d'hôtel entre et présente une carte.)
LE MAÎTRE d'hÔTEL.
Celte dame attend dans le petit salon.
( Drakton lit la carte avec surfyi^ise et la passe à René.)
RENÉ
Comment! Marina?
DRAKTON.
Elle sait que vous êtes ici?
" RENÉ
Non, je ne lui ai rien dit.
DRAKTON, au maître d'hôtel.
Enfin... faites entrer... {Sort le maître cC hôtel.) Mais les femmes, en France, elles compliquent toutes les histoires,... Il est vrai... qu'en France toutes les histoires sont des histoires de femmes.