SCÈNE IX GEORGE, RENÉ
RENE
Parlons net, maintenant. Il n'y a plus personne à éblouir et je ne suis pas dupe, moi, de vos réveils de conscience. Vous avez refusé l'affaire, c'est que vous avez autre chose en vue....
GEORGE
Peut-être.
Parbleu 1 vous vous dites : « Pourquoi risquer un voyage, du travail, des embêtements... quand il suffit, pour toucher la forte somme, d'un petit marchandage.... » Eh bien, vous voyez, je m'y soumets.
GEORGE
Je vois!
RENÉ
Nous avons besoin de votre consentement pour le divorce, 'US le savez. Vous faites le mort depuis trois mois.... Eh bien... ce consentement, on vous l'achète.... Le genre d'affaires qui vous convient, le voilà. C'est l'opération que vous aurait proposée Drakton, s'il vous avait mieux connu.
GEORGE
Je me suis mis au-dessous de l'injure par toute ma vie, mais j'ai en moi des sentiments connus de moi seul qui font que vos injures ne m'atteignent pas. Alors, allez-y... bavez, ça m'est égal.
RENÉ
Oh! vous pouvez vous décerner des brevets d'honnêteté... sais qui vous êtes. Alors, dites votre prix : combien? T. m. G
GEORGE
Bon jeune homme....
RENÉ
Vous ne voulez pas répondre?
GEORGE
Pauvre petit !
De tels marchandages me répugnent, mais c'est le seul moyen de se faire entendre de vous.... Voiilez-vous deux cent... voulez-vous trois cent mille francs?
GEORGE
Vous êtes comique.
RENÉ
Gai, vous ne répondez pas.... Vous préférez ne pas répondre. Eh bien, soit... finissons....
GEORGE
Oui, finissons. Assez de niaiseries.... D'ailleurs, vous vous trompez. Il n'est question ici ni de marchandage, ni de chantage.
RENÉ
Allons donc ! Rien ne peut me le prouver !
GEORGE
Si, moi. ,
RENÉ
Comment ?
GEORGE
Je consens au divorce.
RENÉ. '
Qu'est-ce que vous dites ?
GEORGE
Je consens au divorce. Mais à une condition, c'est que ce soit ma femme elle-même qui me le demande. C'e$t bien le moins! Vous ne trouvez pas? Elle est ici, n'est-ce pas?
LEPERYIER. Vil
RENÉ
Oui. ' ••
GEORGE
Alors....
{Un très petit temps. René sort à droite.)