SCÈNE IV
RAYiMONIXE,, JEANNE, puis PIERRE, puis HARRY.
JEANNE, enire en riant.
Quel numéro !
RAYMONDS.
Pauvre homme... j'ai ri... et, au fond, c'est triste.
JEAJSNE,
Mais non, c'est très gai... enfin, à demain, à la mairie... et, si je rencontre Harry Falway..." je ne lui donnerai pas ton adresse.
RAYMONDE
Oh! ma foi... maintenant, tu pourrais! J'ai dû exagérer tout à l'heure. Fernand au fond est un être exquis, et je me sens si tranquille, si sûre de moi.
PIERRE, annonçant.
Monsieur Harry Falway.
RAYMONDE et JEANNE.
Hein?
PIERRE
M, Harry Fahvay demande &i madame peut le recevoir.
RAYMONDE
M. Falway! ça n'est pas lui, c'est quelqu'un qui vient de la part de M. Fahvay?
i\i l'Ei: OU Voisin. '207
PIERRE
Je vais demander, madame.
RAYMOXDE.
Attendez... uq jeune homme blond, très joli garçon, qui s'exprime difficilement... un Anglais.
PIERRE
Oh! non, madame, ce n'est pas cet accent-lj.
RAYMONDE
Vous n'y connaissez rien. Enfin... allez voir. {Pierre sart. liaymonde, à Jeanne.) Après trois mois.... Ça n'est pas lu;... d'ailleurs il n'a pas mon adresse.
JEANNE
Tu vas voir que c'est lui.
RAYMOND i:.
Tu crois ?
JEANNE
Ça marchait trop bien... tu allais être heureuse, paisible, et puis patatras! c'est comme dans les pièces.
RAYMONDE
^i c'était lui, ce serait épouvantable.
JEANNE
Tu en serais quitte pour ne pas le recevoir.
RAYMONDE
Ça, naturellement.
PIERRE, e'ntraiit. C'est bien M. Harry Falway.
RAYMONDE
Faites enher.
JE.AKNE.
Tu es folle !...
RAYMONDE
Non, j'ai raison. Et puis quoi! qu'est-ce que je risque? Je me marie demain. Eh bien, je veux être brave. Je veux le lui
dire. Ce petit m'aime! 11 souffre. Il est malheureux. Il a du moins droit à de la franchise. Pauvre petit, il va avoir du chagrin. Il va pleurer peut-être.... Mais, après ça, ce sera fini.
{Entre Hari^.)
HARRY
Madame, l'honneur est pour moi. La santé, comment va-t-y de?... Charmeïe de vous voir. Oh ! madame Jeanne aussi. Ça est une surprise, pour une fois. Gomment va-t-y de....
RAYMONDE
Ah ça I mais vous parlez belge !
JEANNE
Vous avez un accent de plus.
HARRY
Je me sais perfectionné pour une fois dans une pension de famille, une pension mixte. J'arrive direct de Bruxelles.
JEANNE
Quelle salade !
{Elle rit.)
HARRY
Ça fait petit mélange, mais je parle maintenant plus coulant!
RAYMONDE
Ça, par exemple.
JEAN^E
Il n'a pas changé d'ailleurs. Un peu plus pâle peut-être. Mais ça lui va bien. {Elle le regarde.) Ça vous va très bien.
HARRY
Merci beaucoup.
JEANNE, bas à Ray monde qui lui présente son manchon.
Tu ne veux pas que je reste ?
RAYMONDE
Non.
JEANNE
Tu as tort.
RAYMONDE
Xon.
Veux-tu que j'emmène le petit dans ma voiture ?
RAYMONDE
Mais non, voyons. (Haut.) Allons, au revoir, au revoir, chère amie.
JEANNE
Oh ! ça va bien! {A Hamn/.) J'habite 7, rue du Golisée, je suis chez moi le lundi de quatre à sept et, pour les intimes, le dimanche après dîner, c'est aujourd'hui dimanche. {Le regardant.) A tout à l'heure.
(Elle sort.)