‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 108 sur 142 · ACTE HT, SCÈNE V I. I · texte numérisé non relu

ACTE HT, SCÈNE V I. I

N'en soyez pas surprise : Je n'ai d'espoir qu'en vous, et mon orgueil se brise.

Parlez ! Que vous faut-il ?

SAMUEL

Henriette!...

MADAME DE MAINTENON, inquiète.

Mon Dieu !

SAMUEL

Vous l'avez, près de vous, attirée en ce lieu Afin qu'elle abjurât la foi de sa famille; Et c'est dans l'intérêt de cette jeune fille Que vous avez agi, je le crois, j'en suis sur, Madame ! mais au nom de l'amour noble et pur Qu'Antoine vous garda dans sa longue misère. Au nom de l'amitié que votre cœur sincère. En souvenir du mort, offrit au survivant. Ne cherchez pas à faire abjurer cette enfant ; Qu'à sa religion elle reste fidèle !

Car, voyez-vous, je l'aime et je suis aimé d'elle.

Et, puisque vous voulez notre bonheur, laissez Devant le même autel s'unir deux fiancés.

MADAME DE MAINTENON, d part.

Fatalité I c'est lui qu'elle aime !

SAMUEL

Q.uoi I Madame, Vous vous taisez! Songez que ce que je réclame Est juste, et que ma voix vous prie au nom d'un mort.

MADAME DE MAINTENON, d pari .

Ils s'aiment I J'ai détruit leur bonheur. O remord!

SAMUEL

Vous vous taisez toujours ! . . . Seriez- vous insensible ?

Ce que vous demandez, hélas! n'est plus possible.

SAMUEL

Plus possible?

Henriette, ici-même, à l'instant, A promis d'abjurer le culte protestant.

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