ACTE III, SCENE VIII. 2O
LE ROI
Ciel 1 ces deux noms unis !
LOUVOIS
Lisez donc ! C'est signé :
Antoine de Méran! Françoise d'Aubignél
LE ROI
Qui donc a rapporté ce psautier?
LOUVOIS
Un jeune homme, — Comprenez-vous? — qui vient d'Amérique.
LE ROI
Il se nomme ?
LOUVOIS
Samuel de Méran.
LE ROI
Son âge?
LOUVOIS
Vingt-cinq ans.
LE ROI, avcs Inrreur.
Dieul
LOUVOIS
La date et le nom sont assez convainquants. Il est secrètement reçu par la Marquise ; C'est son bâtard. La preuve en est par trop acquise.
LE ROI, éclatant.
Quoil celle dont j'ai tant respecté la vertu, La seule auprès de qui mon désir se soit tu ! Quoi! ma sagesse était à ce point endormie!... Celle dont je voulais... Être dupe! Infamie! Dupe ! Louis de France ! oui, le Roi très chrétien ! Ah ! Marquis, ce sera terrible, entends-tu bien I Je sens gronder en moi la rage et la folie!...
LOUVOIS
Sire, qu'ordonnez-vous ?
LE ROI, se matirnant.
Eh bien, non 1 je m'oublie.
Non! j'ai tort : je condamne avant d'avoir jugé. A l'aveugle courroux de l'honneur outragé Un homme céderait ; mais un roi le réprime. J'ai la présomption, non la preuve d'un crime. J'attendrai. Dans ceci plus d'un point reste obscur, Et je ne veux punir que quand je serai sûr.