ACTE III, SCENE VIII
LOUVOIS
Sire... mon Roi, mon maître I Oui, prenez cette épée et donnez-moi la mort I Plutôt périr cent fois que d'avoir le remord De ne pas démasquer à la fin cette infâme.
LE ROI, terrible.
Par le ciel !
LOUVOIS
Vous aurez horreur de cette femme, Sire, dans un instant, et Votre Majesté Se félicitera de m'avoir écouté.
C'est un droit que jamais elle ne me dénie.
Voyons donc 1 Quel mensonge et quelle calomnie Allez- vous déterrer encor? C'est odieux 1 Son passé de malheur la grandit à mes yeux, Sachez-le ! C'est dans l'ombre où la vertu se trouve.
LOUVOIS
Mais le crime s'y cache, et j'accuse et je prouve. Oui, j'accuse tout haut, la nommant par son nom, Françoise d'Aubigné, dame de Maintenon,
D'avoir eu pour amant, avant que d'être veuve, Antoine, chevalier de Méran.
LE ROI
Une preuve I
LOUVOIS
Et de cet homme, mort en Guyane plus tard. Tout me fait supposer qu'il lui reste un bâtard.
LE ROI
Une preuve 1
LOUVOIS
Et qu'elle a l'impudence suprême, Sire, de recevoir ce jeune homme ici même.
Marquis, prouvez cela ! prouvez vite ! il le faut, Car vous avez au front l'ombre d'un échafaud I
LOUVOIS
Si j'ai trompé mon Roi, je ne tiens plus à vivre.
// tire dt sa poche le psautier et le prèsentt au Roi. Que Votre Majesté daigne prendre ce li\TC !