‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 12 sur 142 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Que puis-je sur un cœur qui ne bat que pour elle? Pourtant l'illusion était bien naturelle : Sa voix devenait douce en prononçant mon nom ; Son regard quelquefois s'attendrissait... Mais non ! Si j'espérais encor, je serais insensée...

Regardant son missel qu'elle a ganté à la viain ,

Et toi, livre, rempli des fleurs de ma pensée, Oui, toi qu'embaume encor mon rêve anéanti. Humble et cher confident, tu m'avais donc menti ! , . . Ah! du courage! Il faut que mon cœur se délivre De tous ces souvenirs... Je vais brûler ce livre Et fuir cette maison où j'ai par trop souffert. Dans le prochain couvent asile m'est offert ; J'irai là... car il faut que j'oublie et m'en aille.

S'approchant de la cheminée.

Tout justement voici des copeaux, de la paille; Et ce foyer désert, où s'est tu le grillon. Aujourd'hui recevra l'adieu de Cendrillon... Disparais, seul témoin de ma triste folie.

Elle pose son livre sur la paille amoncelée dans le foyer et y met le feu avec une petite lampe qui est accrochée dans l'intérimr de la cheminée. Une grande flamme jaillit.

Oui, la flamme s'élève, et l'œuvre est accomplie. Les feuillets tout noircis se tordent dans le feu... Monte donc, flamme pure, avec mon dernier voeu ! Avec mon dernier vœu, monte, blanche fumée, Qui t'en vas dans le ciel, doucement parfumée. Puisque je t'alimente, en ce jour de douleurs, Avec un double encens, la prière et les fleurs I Monte donc, jusqu'à Dieu, flamme du sacrifice, Pour qu'à celui que j'aime il devienne propice, Et, si Jean souff're eucor de son amour ancien, Pour qu'au moins mon malheur adoucisse le sien !

Le feu s'est éteint tout à fait. Le feu s'éteint ! Tel est mon cœur, cendre et poussière !

Apercevant au fond de la cheminée un trou béant qui ». était pas auparavant.

Tiens!... Mais cette flambée a fait choir une pierre Du foyer... Chaque jour ces rnurs croulent un peu. Et voilà si longtemps qu'on n'avait fait de feu... Voyons donc... Le dégât n'est pas grand, je suppose. . ,

Étonnée.

Mais... c'est une cachette... Ah! Dieu! l'étrange chose !. Un coffret!...

F.Ht prend le coffret qui est dans le trou.

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