ACTE I, SCÈNE II. IO
LOUVOIS
Rien contre cette femme !
Tenez ! je suis servi d'une manière infâme, Mons Grisard... Vous devez tout voir et tout savoir : Vous avez la police et le cabinet noir. Des lettres de cachet plein vos poches... due sais-je ? Et vous ne trouvez rien !
GRISARD
Monseigneur, vous dirai-je Ce qu'on a fait déjà, ce qu'on va faire ?
Non.
Vous n'avez rien trouvé contre la Maintenon. — Ah ! vraiment, l'on me trompe et l'on me dévalise ! Quand le Roi très chrétien, fils aîné de l'Église, Va se déshonorer, quand il veut — j'en pâlis De rage ! — faire asseoir sous les trois fleurs de lys Les restes de Scarron le bateleur, sa veuve ; Et quand, pour l'empêcher, je demande une preuve, Un de ces souvenirs des anciennes amours. Tels que ces femmes-là les conservent toujours,
Des lettres, un portrait, n'importe quoi ! personne N'y parvient.
GRISARD
Monseigneur a tort, s'il me soupçonne.
J'ai fait ce qu'on pouvait tenter humainement. Quand la Marquise sort de son appartement, J'entre, moi; j'ai les clefs de toutes les serrures; J'ai fouillé les habits, inspecté les parures. Sondé tout, feuilleté les livres, soulevé Tentures et tapis; et je n'ai rien trouvé.
Mais cette aventurière est donc invulnérable!...
Et pourtant, j'en suis sûr, c'est une misérable.
Nous ne savons que trop son étrange passé,
Après que son mari, Scarron, eut trépassé.
— Ce n'est que bien après qu'aux bâtards on l'attache.
Pour aller recevoir l'aumône, à Saint-Eustache,
Elle marchait alors à pied dans les ruisseaux.
Le vieux Villars, Beuvron et les trois Villarceaux
L'ont fait vivre; elle avait la Lenclos pour amie :
Et rien n'a surnagé d'une telle infamie ?
Allons donc I