‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 6 sur 142 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Sera fermée et chaude, ainsi qu'auparavant. Ainsi qu'auparavant, la vieille cheminée Sera d'un feu flamblant et clair illuminée ; Et, par les soirs d'hiver, je pourrai rêver ssul Aux vertus d'autrefois, devant mon grand aïeul.

VÉRONIQUE

Et, bien sincèrement, ce manque de fortune Ne vous cause jamais de pensée importune ?

JEAN

Non, car je me résigne, et c'est l'art d'être heureux. . . C'était bien différent, quand j'étais amoureux.

VÉRONIQUE, à part.

Ah ! voilà si longtemps qu'il n'avait parlé d'elle !

JEAN, avec un peu d'amertume.

Irène des Aubiers, la fière demoiselle... Que devient-elle donc ?

Mais, encor quelquefois, Je la rencontre allant au galop par les bois. Elle a l'air à cheval d'une amazone scythe.

l8 LE TRÉSOR.

JEAN, se levant.

Oui, le vieux souvenir par moments ressuscite... Elle peut se vanter de m'avoir fait souffrir, Allez I J'étais fou d'elle, et j'ai pensé mourir Quand ses parents, malgré le nom dont je me nomni Ont refusé la main du pauvre gentilhomme. Et quand il m'a fallu, tout seul, comme un hibou, Avec ce gros chagrin, m'enfermer dans mon trou . Irène 1 Irène ! hélas ! cruelle fille d'Eve ! Elle m'avait pourtant laissé nourrir ce rêve, due sous ce toit croulant pourrait fleurir, un jour, Un lys qui l'emplirait de son parfum d'amour ! Elle m'avait donné l'espérance divine due le bonheur viendrait habiter la ruine ! Et j'ai souvent pleuré, quand dans ce vieux granit, Je voyais, au printemps, l'oiseau faire son nidl... J'ai dû me résigner. ., Mais le coup fut bien rude... Puis vous êtes venus peupler ma solitude ; Ma tristesse guérit, et le temps s'écoula... Mettant la nuiin sur son coeur.

Et je ne souffre plus quand je mets ma main là I

VÉRONIQUE, à part.

Est-il sincère?...

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