‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 5 sur 142 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Et vous ne serez plus pauvres comme vous l'êtes : Je vous fais héritiers de mes œuvres complètes.

JEAN, servant l'abbé.

Bon ! Mais en attendant ce résultat lointain. Mangeons dans la faïence et buvons dans l'étain, Puisque contentement, dit-on, passe richesse.

l'abbé, à pari.

Oh ! les petits soupers, jadis, chez la duchesse !

VÉRONIQUE

Est-il vrai, monsieur Jean, que vous pourriez encor Être très riche un jour?

JEAN

Et comment ?

VÉRONIQUE

Ce trésor ? Ces diamants cachés, sous la Terreur ?

JEAN, haussant les épaules.

Chimère I

l'abbé.

Je les ai vus jadis portés par votre mère ; Ils valaient, j'en réponds, plus de cent mille écus.

JEAN

Donc ils ont été pris, soyez-en convaincus. Ces diamants, du reste, ont toute une légende Dans la famille ; ils sont d'une valeur très grande, Et leur éclat fameux fit rêver autrefois Plus d'une honnête dame à la cour des Valois. Sur ces nobles bijoux dont j'ai perdu la trace, A sa majorité, chaque aîné de ma race Toujours du duc son père avait, dit-on, reçu Un secret important que je n'ai jamais su. Bref, ils seraient cachés ici... Toute une histoire ! J'y crois peu ; mais je crois fort à la bande noire. Je crois que pour les nids il est des oiseleurs, Et pour les diamants qu'on cache, des voleurs.

l'abbé.

Ce trésor > Si pourtant, un jour, on le découvre ?

jkan.

Eh bien donc 1 Je ferai reconstruire mon Louvre. Ma salle basse, ouverte, à cette heure, à tout vent,

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