ACTE I, SCÈNE VI. I
HENRIETTE
J'avais cru, d'abord, ingénument, du'en amie et craignant pour moi la solitude...
SAMUEL
Ekbien?
HENRIETTE
Non. Chaque jour j'acquiers la certitude Qii'à la Cour la Marquise a voulu m'attirer. Seule auprès d'elle, afin de me faire abjurer.
Est-ce possible?
HENRIETTE
Elle est, au fond, très alarmée De compter des parents dans la foi réformée. On se sert de cela contre elle auprès du Roi. Si je me convertis, elle espère, par moi. Que mon père à son tour...
SAMUEL
Faire abjurer le comte?
Jamais!.,. Et vous avez bien résisté ! j'y compte. III. 18
Car le plus grand malheur qui pût nous arriver, Serait...
Je vous ai dit, anai, de me sauver.
SAMUEL
Vous hésitez ?
HENRIETTE
Ma foi, Samuel, est tenace.
Mais, quelquefois, leur voix qui séduit et menac Me fait rêver comme Eve écoutant le serpent. On me dit que le sort de mon père en dépend.. Par instants, je faiblis et ne sais plus que faire.
Et je me reprochais d'avoir été sévère!
Et tantôt j'épargnais encor, sur mon honneur,
Cette femme qui veut me voler mon bonheur !
— Oh! dites-moi que j'ai votre âme ressaisie,
Que vous ne songez plus à cette apostasie !
Je connais votre père et vous parle en son nom,
Henriette l Jurez que vous leur direz non !