ACTE III, SCÈNE I. I
Les dévots courtisans, dans ces graves salons,
Sont tous scandalisés du bruit des violons.
Ces fleurs même, oui, ces fleurs prennent des airs pudiques.
LA COMTESSE
Comme il est loin, le temps des Amants magnifiques, Lorsque le jeune Roi dansait dans les ballets 1
LE CHEVALIER
Ces beaux jours sont passés, comtesse ! oubliez-les.
LA COMTESSE
Faisons notre salut. C'est la dernière mode.
LE CHEVALIER
Avec cela, vraiment, que la chose est commode! A la moindre parole on vous blâme, aussitôt. Ou d'être janséniste, ou d'être huguenot, Une église est proscrite, et l'autre détestée, Et le meilleur parti c'est encor d'être athée.
LA COMTESSE
Hein 1 Si le Roi savait ce que vous dites là I
La Marquise entre au fond, suivie de Nanon et saluée par la courtisans, qui s'éloignent peu à peu.
l80 MADAME DE MAINXtNON.
LA COMTESSE, l'apercevant.
La Marquise !
LE CHEVALIER
Ma foi ! comtesse, évitons-la,
M™« de Maintenon et Nation, qui sont descendues à l' avant-scène, restent seules.