‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 15 sur 159 · ACTU I, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTU I, SCENE IV

REN ZO

Ercole, prends donc garde...

Il me semble que c'est par ici qu'il regarde.

Pendatit ce dialogue, Bartiah a descendu ktitemenl la scène, tarîant à l'oreille de Porlia qui sourit ; puis il a fait signe au barigel et lui a dit quelques mots à voix basse, en désignant la maison de Sandrino.

LE BARIGEL, répondant à Barnal>o.

Lui-même, monseigneur, l'enfant aux cheveux blonds.

lîARN'ABO.

Eh ! Sandrino!

Geste de surprise de Sandrino.

C'est bien à toi que nous parlons...

Bel enfant, nous voulons te mieux connaître... Approche. Sais-tu que nous venons t'adresser un reproche, Ma belle amie et moi? Ne nous a-t-on pas dit Q.u'cn cette horrible ville, en ce pays maudit, Comme pousse une rose à l'ombre d'un mur triste, Fleurissait un tout jeune et très charmant artiste, Q.ui travaille à ravir l'or et l'argent, et qui. Comme Donatello, comme Brunelleschi, Fait .ivec les métaux ce qui le plus nous charme : Un bijou pour la femme, et pour le noble une arme? Et ce bon ouvrier nous était inconnu 1 Et tu ne venais pas à moil Je suis venu. Tu vois! je viens, avec la beauté pour cortège. Un Florentin trouve un artiste; il le protège. Ces lourdauds de Pisans n'attachent aucun prix

Aux choses d'art. Bien sûr, ils ne t'ont pas compris. C'est un peuple marchand, qui peine et qui trafique, Sans goût. Mais moi, j'étais l'ami du Magnifique, Et je te paierai cher tes bijoux précieux. Puis on dit que ta sœur a de fort jolis yeux... Donc, laissant cet air sombre et cette main crispée. Montre-moi la fillette et me vends une épée.

SANDRIXO.

Excellence, d'abord, je vous dis : Grand merci ! Mais, depuis quelques jours, ma sœur n'est pas ici, Et tout ce que, chez moi, j'ai de bijouterie Est vendu... Mes regrets à votre Seigneurie.

RENZO, ù part.

Brave enfant !

BARNABO.

Je n'aurai rien de toi, Sandrino ?

duoi! pour ma Portia, pas un petit anneau? Pour moi, pas un poignard à pendre à ma ceinture ? C'est un fâcheux hasard, une étrange aventure. Voici bien des objets...

SA KD RING.

Seigneur, tout est vendu.

BARNABO.

Assez, drôle insolent! Va! j'ai bien entendu. On me l'avait bien dit... Il ne sort de ta forge Qmc couteaux destinés à me couper la gorge.

ACTKT, SCÈXniV 2?

Ah ! tu m'oses braver. Sache, petit serpent, Que quiconque m'insulte en face s'en repent. Et que son châtiment suit de près son offense. Barigel !

E R C G L E, bas à ses amis, mettant la main à la garde de son épie.

Compagnons, nous prenons sa défense, N'est-ce pas ?

rORTIA, à Barnabe, lui touclxint le bras.

Laissez donc tranquille cet enfant!

Portia prend sa cause en main, et le défend. Si vous me demandiez pourquoi, je pourrais dire Que c'est mon bon plaisir. . . Vous n'auriez qu'à sourire, Barnabo. Mais je veux bien vous dire pourquoi : Vous vantez la beauté d'une autre devant moi ! Inconstant! Vous faut-il, pour me rendre jalouse, Comme au pape Alexandre, un sérail à Pérouse? Vous osez lui parler des beaux yeux de sa sœur ! Eh bien ! moi, je leur veux laisser un défenseur. Aces beaux yeux. Voilà pourquoi, mon infidèle. Je prétends que la sœur ait son frère auprès d'elle. Ou je ne permets plus, aujourd'hui ni demain. Ni jamais, monseigneur, que vous touchiez ma main.

BARNABO.

Portia, vous raillez?...

Non ! tel est mon caprice.

Certe, il ferait beau voir qu'une fois je vous prisse,

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Méchant, qui désirez rendre mon cœur jaloux, A soupirer ailleurs, quand je n'aime que vous.

B A R N A B O, souriant.

Il n'est pas de faveur que je ne vous octroie. Soit!

E R C O L E , à part.

Vivent les bons coeurs et les filles de joie!

BARN'ABO, à Satidr'uw.

Souviens-toi, cependant, impudent ouvrier, Qu'il ne te faudrait pas deux fois m'injurier.

Aux jeunes gentilshommes.

Et vous, mes beaux galants, vos mains inoccupées Vont vite, je l'ai vu, du côté des épécs. Patience! Aujourd'hui, ce n'est pas tous les jours. Le lion florentin fait griffes de velours; Pourtant, n'oubliez pas qu'il fronce la narine Et que sa lourde patte est sur votre poitrine... Venez, ma Portia, nous rentrons au palais.

Barnah prend la main de Portia et sort aivc son escorte.

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