‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 24 sur 159 · ACTE I, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIII

ERCOLE

Le meurtre du tyrau.

Je vois que vous m'avez bien compris tout à l'heure. Il faut que nous frappions cet homme ; il fiiut qu'il meure ! Nous ne soulèverons Pise qu'en brandissant Au soleil un couteau tout rouge de son sang. Notre devoir est là; cette tâche est la nôtre. Êtes-vous tous prêts ?

LES TROIS JEUNES GENS

Tous!

SEVERO

Frappons, l'un après l'autre!

Si bien gardé qu'il soit par ses hallebardiers, Que ce soit moi qui tue ou vous qui poignardiez, Nous jurons de frapper d'une main ferme et sûre?

LES TROIS JEUNES GENS

Oui... tous !

SEVERO

De retourner l'arme dans la blessure?

LES TROIS JEUNES GENS

Oui!

SEVERO

D'égorger cet homme en quelque lieu qu'il soit,

36 SEVEROTORELLI

Même dans son sommeil, même sous notre toit, Même à l'autel ! — Tant pis, si le prêtre en murmure ! Nous jurons de frapper au défaut de l'armure, Dans le visage, au cou, partout où nous pourrons Enfoncer le poignard, enfin!

LES TROIS JEUNES GENS

Nous le jurons !

SEVERO, rti'iv exaltation.

N'est-ce pas que c'est juste? Oh I n'est-ce pas, patrie, due mon bras peut s'armer pour cette boucherie? N'est-ce pas qu'à présent, dans cette faible main, Tu mettras la vertu stoïque d'un Romain ? N'est-ce pas qu'avec toi je suis d'intelligence? — Tu le sais, j'ai vécu pour ta seule vengeance; En moi, j'ai respecte ton justicier futur; Et ma jeunesse est chaste, et mon cœur est très pur. — N'est-ce pas que ce meurtre est bon et légitime?

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