‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 52 sur 159 · ACTE IV, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE I

Il n'est rien de plus beau dans le vieux chroniqueur; Mais c'est une farouche et sanglante aventure... Et je pensais à toi pendant cette lecture.

Qiielle est donc cette page, et qu'y raconte-t-on ?

GIAN-BATTISTA

La mort d'Harmodius et d'Aristogiton.

SEVERO, à pari.

Oh ! toujours, devant moi, mon serment qui se dresse !

GIAN-BATTISTA

Mon noble enfant, il faut qu'éclate ma tendresse. Hier, quand tu m'as dit ton généreux dessein, Mon cœur, à se briser, a battu dans mon sein, Et mes yeux, malgré moi, se sont gonflés de larmes. Cependant j'ai voulu te cacher mes alarmes, Pour ne pas t'amollir, mon fils, comprends-tu bien? Et le père a cédé la place au citoyen... Aujourd'hui...aujourd'hui,jenesuisplusqu'unpère... Pardon !,.. mais je n'ai plus une âme si sévère. Et je ne me sens plus si courageux qu'avant. Mon cœur n'est pas de bronze,ou du moins, mon enfant, Y trouver de l'amour n'est pas plus difficile Que de trouver de l'or dans l'airain de Sicile... Aujourd'hui, laisse-moi t'aimer tout simplement.

// fait asseoir Sa'ero près de lui sur uu tabouret. IV. II

S E V E R O , à part.

Quel supplice !

GIAN-B ATTISTA, lui mettant la main sur la tète. Je veux toucher ce front charmant, Ce visage d'un pur et gracieux ovale.

Ces cheveux... Ils étaient, jadis, couleur d'or pâle., Leur ton roux maintenant va bien à ton œil fier. Et dire qu'autrefois, — pour moi, c'était hier ; Étrange illusion dont tout vieillard est dupe ! — Il n'était qu'un bambin qui portait une'jupe Et jouait, à mes pieds, sur ces mêmes carreaux... Et que c'est un jeune homme, et que c'est un héros!.. Que je t'embrasse encore!

SEVERO, à part, après s'être dégagé de l'étreinte de Gian-Battista.

Oh! l'horrible martyre.

GIAN-BATTISTA, se lei'ant.

Mais c'est trop m'attendrir, vois-tu !... Je me retire.. Ah! je suis vieux, je suis brisé, mon pauvre ami, Et, l'autre nuit encor, je n'ai guère dormi... Hélas! je ne pensais qu'à ta tâche terrible; J'ai prié... Mais ce soir, je veux, si c'est possible, Ayant pris dans tes yeux du calme et de l'espoir. Me reposer un peu.

// serre les ntaitis de son fils, puis, <i p,,, , , r, .m, lutèt : Ce n'est pas pour ce soir!

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