‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 51 sur 159 · GIAN-BATTISTA, SEVERO · texte numérisé non relu

GIAN-BATTISTA, SEVERO

Au lever du rideau, Gian-Battista Torelli, assis dam son fauteuil, près d'une table, lit à la lueur d'une cire. Severo entre au fond, s'arrête sur le seuil, et regarde longuement le vieillard.

SEVERO, à part.

11 est là!... Que de fois, en franchissant le seuil. Je l'ai surpris ainsi, courbé dans son fauteuil, Silencieux, faisant quelque lecture austère. J'approchais, je mettais un genou près de terre ; Et toujours le vieillard, poussant un joyeux cri, Me regardait avec un sourire attendri, Et je sentais alors, sur mon front qui se penche, S'appuyer longuement sa douce barbe blanche... Aujourd'hui, ce secret infâme est entre nous!

Il va falloir pourtant me mettre à ses genoux, M'incliner sur sa main, moi, fils de l'adultère. Le tromper sans rougir, et l'appeler mon père, Et lui faire baiser, sur mon front exécré. L'image du bandit qui l'a déshonoré I Il le faut... Mon destin en cet égout me plonge, Et tel est mon devoir : trahison et mensonge !

Il s'approche de Gian-Battista et met un genou en terre. Mou père!

GIAN-BATTISTA, avu joie.

Toi, mon fils!

// embrasse le jeune Immme.

Oh! te voir!... Te revoir!

Avec un léger tremblement dans la xH)ix. Ce n'est pas pour ce soir ?

SEVERO, se relevant.

Ce n'est pas pour ce soir.

GIAN-BATTISTA, aiec un soupir de soulagement.

Ah!

SEVERO

Que lisiez-vous donc?

GIAN-BATTISTA

Un récit de Plutarque...

Un tragique récit... Vois! j'ai fait une marque A la page, et bientôt je la saurai par cœur.

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