‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 66 sur 159 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

J'irais, au débotté, faire la révérence.

Comme c'est mon devoir, aux seigneurs de Florence,

Ht quand, m'interrogeant sur Pise avec bonté,

Ils diraient : — «Quedevient notre bonne Cité? « —

Je répondrais à la Seigneurie étonnée :

— «J'ai là-bas un bâtard à qui je l'ai donnée... » —

Fuir en l.iche, livrer la ville et le ch.îteau !

Moi, Spinola!... Jamais!... Prépare ton couteau.

Un bâtard!... Songe donc à quel fil tient ta vie Et ne répète pas ce mot qui me défie. Val je fais un terrible effort pour l'oublier. Je ne descendrai pas jusqu'à te supplier. Mais, voyons! réfléchis... Ma patience est lasse... Donne-moi ton anneau, vitel... Je te fais grâce... Mes amis vont venir; tu seras massacré... Donne donc!... N'es'tu pas ancien condottiere? Tu t'en iras servir le Sforze ou le Gonzague... Donne ton émeraude, allons! donne ta bague... Malheureux! tu vois bien quelle instance je mets A t'offrir le salut. Accepte donc !

Jamais.

Alors, tu vas mourir!... Si tu le peux, rappelle L^instinct de piété qui, dans cette chapelle j

104 SEVERO rORELLI

Barnabe, cette nuit, a dirigé tes pas.

BARKABO.

A genoux devant toi!... Non, je ne prierai pas.

SEVERO

Tu dois douter du ciel, car il semble t'absoudre En ne te frappant point...

Braudissaul son poignard.

Hli bien ! voici la foudre !

BARN ABO, nionlanl les viarchs de l'autel et se plaçant devant le reliquaire.

Injure pour injure, et défis pour défis! Sur cet autel, où Dieu sacrifia son fils. Si tu l'oses, toi, fils, viens égorger ton père!

// arrache le devant de son pourpoint et nul sa poitrine d nu.

Frappcaucœurî...Etmon spectre, enfluitderadultcrc, Te poursuivra partout dans son sanglant linceul.

SEVERO, s'êlaiiçant, le poignard lei-ê, l'ers Barnalv. Eh bien ! soyons damnés tous les deux !

Tout d coup, une forme noire surgit auprès de lâchasse. C'est Donna Pia, un couteau à la main ; elle frappe Barnabe m pleine poitrine.

DONNA l'IA.

Non! lui seul.

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