‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 74 sur 159 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

LE VIEIL ENOCH

Arrête, Angus!... Avant de nous parler ainsi, Peux-tu nous affirmer que le Prince est ici?

Oui! La mer déferlait avec un bruit sauvage... J'étais là ! Quand sa barque a touché le rivage, Je l'ai bien entendu pousser un joyeux cri; Et ma fille l'a vu.

Grand-père, il m'a souri!...

Et, mettant dans ma main un louis d'or de France , « La charité pour toi I — dit-il, — j'ai l'espérance ! » Puis il a, découvrant son jeune front poudré. Salué son pays. Sa croix de Saint-André Étincelait, et sur sa poitrine chérie On voyait se lever l'astre de la Patrie! Il est tout jeune, avec des éclairs dans les yeux. Et son regard est calme, et son rire est joyeux, Et tout de suite on sent que c'est un capitaine. Le Prince à son chapeau, d'une façon hautaine. Mit ensuite un chardon de mer, un chardon bleu, En criant : « Pour mon droit, pour l'Ecosse, et pour Dieu I Enfin, c'est un héros!... Je ne sais comment dire. Grand-père!... mais, depuis que je l'ai vu sourire Et marcher dans l'écume avec un air vainqueur, C'est comme un fruit divin qui se fond dans mon cœur !

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