ACTE I, SCENE III
Eh bien, je suis désespéré!..
Car, à Charle-Édouard les chefs l'ont déclaré, On ne peut rien tenter d'utile pour sa cause Sans les mille fusils dont lord Fingall dispose.
MARIE
Lord Fingall est loyal ; on peut compter sur lui.
AN G us, vwntrant l'église. Mais ceux-là?
MARIE
Tout espoir n'est pas évanoui.
Tandis que vous parliez, j'ai vu plus d'une bouche Se crisper, et j'ai vu plus d'une main farouche Au ceinturon de cuir chercher le coutelas; Et quelques mots de plus les entraînaient.
Hélas !
Il s'assied, accable, sur une pierre tombale .
£h quoi!... Le noble Angus désespère et défaille I Cher grand-père, aujourd'hui, c'est veille de bataille; Repoussez, il le faut, cet accès de langueur!... Ou plutôt, non !... mettez votre front sur mon cœur; Mes baisers chasseront cette tristesse amère. Si vous faites l'enfant, je ferai la grand'mère.
Et je VOUS bercerai comme un petit garçon, Très doucement, avec cette belle chanson Que vous m'avez cent fois et mille fois redite Pour m'endormir, lorsque j'étais toute petite. Et que, calmant mes pleurs par ce refrain guerrier, Vous berciez votre enfant dans un vieux bouclier.
Depuis que sa gloire est totiilv'c Et que se sont tus Us pibrocl-s, L'Ecosse a caché son èpc'e En pleine lande, entre deux rocs Et sous la bruyère vermeille, Où passe, en rci'ant, le berger, La Claymore est là qui soninieille Et médite de se venger.
Claymore, dont on nous dépouille.
Et qu'on proscrit, comme le Roi, Ne crains ni l'oubli ni la rouille:
Toujours l'Ecosse pense à toi ! Nous te ferons briller encore Aux regards de l'Anglais bourreau.
Dors jusque-là, Iwine Claymore, Avec notre }>onneur pour fourreau !
Deux oiseaux, l'aigle et l'hirondelle, Se plaisent sur «os monts brumeux ; L'Ecosse est vaillante et fidèle, Fidèle et vaillante comme eux!
Et pour la révolte indignée Le x'ieux glanx, quand il faudra.
En nous présentant sm poignée.
Lui-même, du sol surgira!