‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 111 sur 214 · SCÈNE IV CLOTILDE, LE BATARD DE MAREUIL · texte numérisé non relu

SCÈNE IV CLOTILDE, LE BATARD DE MAREUIL

Il entre, la tète couverte d'un capuce et vêtu comme un homme du peuple.

CLOTILDE

Eh bien?

LE BATARD, se découvrant.

C'est moi, madame.

CLOTILDE

Mon mari !

LE BATARD

Sachez donc pourquoi je suis venu.

Je vous suis un objet d'horreur, c'est convenu, Et — vous n'en croyez rien — la chose m'est très rade ! Or, tant que vous viviez en dame honnête et prude, Je ne vous gênais point; mais, c'est bien différent, Je vous trouve installée ici chez ce parent Qui vous aimait jadis et qui vous aime encore, Et, sans croire au cruel soupçon qui me dévore, Je vous dis d'un esprit calme et sans me fâcher : Ce n'est point votre place. Et je viens vous chercher.

CLOTILDE.. avec hauteur.

Vous n'avez pas le droit de blâmer ma conduite. Je ne vous connais plus, et si j'en suis réduite A venir requérir l'aide de mes cousins, C'est que j'ai pénétré sans peine vos desseins. Hartecelle est la clef de la marche angevine, Et Charles le Mauvais voudrait — je le devine — Prendre ce château fort où je tiens pour le roi.

LE BATARD

Et quand cela serait ! Hartecelle est à moi, C'est votre dot !

CLOTILDE

Le roi m'a rendu mon domaine, En me faisant libre.

LE BATARD, violemment.

Ah ! nulle puissance humaine Ne peut vous affranchir du lien conjugal ! Quant à l'avis du roi, cela m'est bien égal Qu'il vous protège ou non, ce lâche et cet avare ! Et mon seul suzerain, c'est Charles de Navarre.

CLOTILDE

Oui, l'ami des Anglais !

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