‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 115 sur 214 · ACTE I, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VI

Je sais que je suis laid, et que sous mon cimier

S'étale une vilaine et malplaisante face.

Je n'ai pas l'air galant. Que veut-on que j'y fasse?

Tiphaine Raguenel trouve beau son mari !

Et si, de son balcon, quelque femme a souri

De ce chevalier gauche et de rude figure,

Par saint Kado ! Bertrand Du Guesclin n'en a cure,

Et se dit que son front, meurtri par le labeur

De la guerre, aux Anglais quelquefois a fait peur !

CLOT1LDE.

Oui, vous êtes la fleur de la chevalerie î Et si vous étiez pris par l'Anglais, je parie Que toutes, de Quimper jusques à Pontorson, Les femmes, pour gagner l'or de votre rançon, Faisant prier pour vous l'enfant qui s'agenouille Et sans plus rire alors, fileraient leur quenouille !

ALAIN, à part.

Auprès de ce héros, être ce que je suis ! Et devant elle!

Des pages ont apporté à boire. Clotilde a empli une coupe et l'offre à Du Guesclin.

DU GUESCLIN, levant le hanap.

A vous d'abord, madame! Et puis

Aux paysans.

A vous tous, mes amis !...

Il boit. — A Olivier.

Ton vin est bon.

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