LA JEUNE FILLE
Fi ! vilain !
Est-ce qu'on est jaloux de Bertrand Du Guesclin ?
Les vassaux remontent au fond.
DU GUESCLIN, à Olivier, en lui montrant les paysans.
Tiens ! mon bon Olivier, regarde-les, ces hommes
De peine et de labour ! Dans ce temps où nous sommes, Ds sont trop malheureux et trop déshérités, Vraiment ! Ils sont battus, pillés de tous côtés. Pauvre Jacques, sa vie est comme un mauvais rêve : Il souffre de la guerre, il souffre de la trêve; La paix même, la paix est un vain mot pour lui ! Le routier, hier soldat et voleur aujourd'hui, Prend le pain de son champ et le vin de sa vigne, Et le paye à grands coups de gaule. C'est indigne ! Nous ne sommes pas, nous, parmi ces malfaisants : Nous battons les Anglais et non les paysans ; Mais cette vérité par nous deux seuls est crue, Que noble épée est sœur de rustique charrue, Et que le fer devant qui l'Anglais a tremblé Doit protéger celui qui fait pousser le blé !
OLIVIER
Mon noble ami!
A LA IN, à part.
Si grand et si bon ! Oh ! la gloire !
DU GUE SC LIN, se mêlant aux paysans.
Çà ! mes enfants, causons ensemble. J'aime à croire Que vous ùtes contents, n'est-ce pas ?