‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 120 sur 214 · LA JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

LA JEUNE FILLE

Fi ! vilain !

Est-ce qu'on est jaloux de Bertrand Du Guesclin ?

Les vassaux remontent au fond.

DU GUESCLIN, à Olivier, en lui montrant les paysans.

Tiens ! mon bon Olivier, regarde-les, ces hommes

De peine et de labour ! Dans ce temps où nous sommes, Ds sont trop malheureux et trop déshérités, Vraiment ! Ils sont battus, pillés de tous côtés. Pauvre Jacques, sa vie est comme un mauvais rêve : Il souffre de la guerre, il souffre de la trêve; La paix même, la paix est un vain mot pour lui ! Le routier, hier soldat et voleur aujourd'hui, Prend le pain de son champ et le vin de sa vigne, Et le paye à grands coups de gaule. C'est indigne ! Nous ne sommes pas, nous, parmi ces malfaisants : Nous battons les Anglais et non les paysans ; Mais cette vérité par nous deux seuls est crue, Que noble épée est sœur de rustique charrue, Et que le fer devant qui l'Anglais a tremblé Doit protéger celui qui fait pousser le blé !

OLIVIER

Mon noble ami!

A LA IN, à part.

Si grand et si bon ! Oh ! la gloire !

DU GUE SC LIN, se mêlant aux paysans.

Çà ! mes enfants, causons ensemble. J'aime à croire Que vous ùtes contents, n'est-ce pas ?

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