LE VIEILLARD
J'ai bientôt cent ans; j'ai combattu Sous Louis le Hutin et je vais sans béquille, Et j'amène le fils de ma petite-fille, Qui sera, comme moi, soldat sous sou seigneur, Afin qu'en l'embrassant vous lui portiez bonheur !
DU GUESCLIN
Très volontiers.
Il prend l'enfant dans ses bras.
Il est charmant, le petit drôle !
Jouant avec l'enfant.
Voyons ! tu n'as pas peur ? reste sur mon épaule. Ah! quand j'avais ton âge, à la Motte-Broon, J'étais un gars méchant et laid comme un démon, Je me battais toujours avec mes camarades, Et je donnais déjà de solides bourrades !
A Tbibaud.
Eh ! Tbibaud, par ici! Sais-tu que tu m'as l'air Solidement pourvu de muscles et de chair !...
THIBAUD, modestement.
D'un coup de poing j'assomme un bœuf !
DU GUESCLIN, riant.
C'est estimable; Et comme tu parais un garçon fort aimable, Un de ces beaux matins nous lutterons tous deux. Corps à corps.
THIBAUD
Monseigneur, c'est assez hasardeux, Mais volontiers.
On entend une fanfare.
OLIVIER
Quelle est la fanfare qui sonne V
UN PAGE, entrant.
C'est le héraut de France.
OLIVIER
Ah ! je veux en personne Le recevoir.
Entre le héraut accompagné de deux trompettes.