‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 121 sur 214 · LE VIEILLARD · texte numérisé non relu

LE VIEILLARD

J'ai bientôt cent ans; j'ai combattu Sous Louis le Hutin et je vais sans béquille, Et j'amène le fils de ma petite-fille, Qui sera, comme moi, soldat sous sou seigneur, Afin qu'en l'embrassant vous lui portiez bonheur !

DU GUESCLIN

Très volontiers.

Il prend l'enfant dans ses bras.

Il est charmant, le petit drôle !

Jouant avec l'enfant.

Voyons ! tu n'as pas peur ? reste sur mon épaule. Ah! quand j'avais ton âge, à la Motte-Broon, J'étais un gars méchant et laid comme un démon, Je me battais toujours avec mes camarades, Et je donnais déjà de solides bourrades !

A Tbibaud.

Eh ! Tbibaud, par ici! Sais-tu que tu m'as l'air Solidement pourvu de muscles et de chair !...

THIBAUD, modestement.

D'un coup de poing j'assomme un bœuf !

DU GUESCLIN, riant.

C'est estimable; Et comme tu parais un garçon fort aimable, Un de ces beaux matins nous lutterons tous deux. Corps à corps.

THIBAUD

Monseigneur, c'est assez hasardeux, Mais volontiers.

On entend une fanfare.

OLIVIER

Quelle est la fanfare qui sonne V

UN PAGE, entrant.

C'est le héraut de France.

OLIVIER

Ah ! je veux en personne Le recevoir.

Entre le héraut accompagné de deux trompettes.

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