‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 124 sur 214 · SCÈNE IX OLIVIER, ALAIN · texte numérisé non relu

SCÈNE IX OLIVIER, ALAIN

OLIVIER

Que me veux-lu ?

ALAIN

Deux mots! Frère, il faut que tu saches Que je suis las de vivre ainsi, comme les lâches, Quand tous les chevaliers chaussent leurs éperons Et quand, parmi l'appel éclatant des clairons, La France pour la lutte héroïque se lève; Que je suis gentilhomme; et que j'ai fait ce rêve,

Sous le drapeau royal trop longtemps insulté, De me battre en soldat, mon frère, à ton côté.

OLIVIER

Ah ! c'est bien notre sang qui fermente en ses veines... Mais quitte, mon Alain, ces espérances vaines. Je te l'ai toujours dit : cela ne se peut pas.

Ma faiblesse?... Je sais ce que tu répondras,

Car voilà l'éternel refrain dont on me berce.

Eh bien ! non ! tous les jours, aux armes je m'exerce,

Et jeune fauve en cage, aux appétits grondants,

J'aiguise à mes barreaux mes griffes et mes dents.

Fais-moi libre, Olivier, que je te remercie !

OLIVIER, à part.

Qu'il ignore toujours la sombre prophétie :

L'un de nous doit mourir, il faut que ce soit moi ! '

Haut.

Mon Alain, je ne puis !

ALAIN

Mais pourquoi donc? pourquoi?

OLIVIER

Tu le sais. Obéis aux vœux de notre mère, Car ton airié ne fait que les suivre.

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