‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 156 sur 214 · ACTE III, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I

LE SERGENT BARDOLPH

Dépouiller le vaincu, cela n'est pas un vol. Et d'ailleurs, le pillage est le seul patrimoine Du soldat. S'il en est ainsi, je me fais moine.

PATRICK

Leur métier est meilleur, car les moines sont gras.

Montrant su marmite, d'un air piteux.

Ici, quatre navets, un chou rouge et deux rats!... Décidément ce siège est rude.

LE SERGENT BARDOLPH

Capitaine, On est, sur Du Guesclin, sans nouvelle certaine. Quand il eut réuni tout son monde à Guingamp, On sait qu'un beau matin il a quitté le camp. Mais qu'est-il devenu?

LE CAPITAINE

Ceci me semble louche, Et je suis inquiet quand Du Guesclin découche. Ahî la fortune tourne; et tout a bien changé Pour les Français, depuis qu'ils ont cet enragé !... Nous perdons du terrain dans la nouvelle guerre... Du Guesclin disparu ne me rassure guère, Car c'est pour nous donner encore de l'ennui.

L'ARCHER JACKSON

Qu'un trait d'arc seulement me sépare de lui, Et je garde pour lui ma flèche la plus sûre!...

LE CAPITAINE, indigné.

Plaise à Dieu que jamais une telle blessure, Venant de loin, n'atteigne un si preux chevalier!... Il est fait pour mourir en combat singulier, Par l'épée ou la hache, et d'une main illustre, Et non comme un manant, sous la flèche d'un rustre, Car c'est un ennemi «lorieux !

PATRICK, tournant la soupe.

Approuvé !

LES AUTRES, riant.

Ah! Patrick!

PATRICK, sa cuiller à pot à la main.

Je suis noble, étant enfant trouvé.

Page 1