‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 157 sur 214 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les mêmes, LORD JOHN G II AN DOS, gouverneur de Guyenne; LE BATARD DE MAREUIL, Seigneurs et Hommes d'armes.

A l'entrée de Chandos, les soldats se rangent en silence sur les deux côtés de la scène. Chandos entre en parlant au Bâtard de Marcuil; il est suivi d'une brillante escorte de gentilshommes; un page porte son casque sur un coussin.

LORD JOHN CHANDOS, au Bâtard.

• C'est trop d'insistance. Il importe, Messire de Mareuil, que ce siège damné, Si dur pour mes Anglais, soit bientôt terminé. J'ai déjà fait beaucoup. Si le prince de Galles, Qui s'intéresse à vos querelles conjugales, Voulut, récompensant vos services anciens, A vos quelques soldats joindre nombre des siens, Je ne dois pas pourrir, moi, devant Hartecelle.

LE BATARD

Pourtant, mylord,...

LORD JOHN CHANDOS

Demain, à cette citadelle Je donnerai l'assaut, dés l'aube.

LE BATARD

Cependant Un assaut est coûteux, et peut-être imprudent. Encor deux ou trois jours d'attente, et la famine. .

LORD JOHN CHA>"D0S

Non! J'ai fait préparer tous les travaux de mine ; Demain, on roulera ces tours auprès des murs... L'une renfermera nos hommes les plus sûrs, Qui pourront, sans échelle et de sa plate-forme, Atteindre les créneaux; l'autre, un amas énorme De fagots imprégnés de résine et de poix, Afin d'incendier la porte; et cette fois, A moins que de là-haut un secours ne lui vienne, Avant la fin du jour la place sera mienne.

LE BATARD

Vous êtes un très grand capitaine, mylord, Et vous fûtes toujours heureux; mais si le sort Faisait (à Dieu ne plaise !) échouer l'escalade? Permettez que j'insiste et vous en dissuade, Car, enfin, ils n'ont plus de vivres, je le sais. Attendons î et trois jours ne seront point passés,. Qu'Olivier de Mauny, mettant bas son audace, Vous rendra son épée et les clefs de la place.

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