SCÈNE II
Les mêmes, LORD JOHN G II AN DOS, gouverneur de Guyenne; LE BATARD DE MAREUIL, Seigneurs et Hommes d'armes.
A l'entrée de Chandos, les soldats se rangent en silence sur les deux côtés de la scène. Chandos entre en parlant au Bâtard de Marcuil; il est suivi d'une brillante escorte de gentilshommes; un page porte son casque sur un coussin.
LORD JOHN CHANDOS, au Bâtard.
• C'est trop d'insistance. Il importe, Messire de Mareuil, que ce siège damné, Si dur pour mes Anglais, soit bientôt terminé. J'ai déjà fait beaucoup. Si le prince de Galles, Qui s'intéresse à vos querelles conjugales, Voulut, récompensant vos services anciens, A vos quelques soldats joindre nombre des siens, Je ne dois pas pourrir, moi, devant Hartecelle.
LE BATARD
Pourtant, mylord,...
LORD JOHN CHANDOS
Demain, à cette citadelle Je donnerai l'assaut, dés l'aube.
LE BATARD
Cependant Un assaut est coûteux, et peut-être imprudent. Encor deux ou trois jours d'attente, et la famine. .
LORD JOHN CHA>"D0S
Non! J'ai fait préparer tous les travaux de mine ; Demain, on roulera ces tours auprès des murs... L'une renfermera nos hommes les plus sûrs, Qui pourront, sans échelle et de sa plate-forme, Atteindre les créneaux; l'autre, un amas énorme De fagots imprégnés de résine et de poix, Afin d'incendier la porte; et cette fois, A moins que de là-haut un secours ne lui vienne, Avant la fin du jour la place sera mienne.
LE BATARD
Vous êtes un très grand capitaine, mylord, Et vous fûtes toujours heureux; mais si le sort Faisait (à Dieu ne plaise !) échouer l'escalade? Permettez que j'insiste et vous en dissuade, Car, enfin, ils n'ont plus de vivres, je le sais. Attendons î et trois jours ne seront point passés,. Qu'Olivier de Mauny, mettant bas son audace, Vous rendra son épée et les clefs de la place.