ACTE III, SCÈNE IV
LE CAPITAINE, avec méfiance.
Et si, comme espions, à quelque bonne corde Je vous faisais suspendre un peu ?
DU GUESCLIN'
Miséricorde !
Que me dites-vous là? Nous sommes innocents, Monsieur le capitaine anglais.
LE CAPITAINE
Allons! descends.
Du Guesclin descend de son âne.
Mais voilà des paniers bien garnis... Qu'on les fouille !
DU GUESCLIN, désolé.
Ma marchandise! A l'aide! au meurtre! On me dépouille! On me ruine! Hélas!
PATRICK, fouillant dans les paniers de l'âne.
Ah! le butin est bon, Capitaine. Du vin, des poulets, un jambon, Des andouilles, une oie, et ce large fromage!
DU GUESCLIN
Ils prennent tout !
PATRICK, raillant.
Non pas. Tu nous en fais hommage.
Les soldats se partagent les vivres en riant. théâtre. — i. 19
DU GUESCLIN, avec tristesse.
Mais donnez-nous du moins une place au repas.
LE CAPITAINE
Qu'on lui laisse sa part !
A Du Guesclin.
Allons! ne te plains pas.
Montrant Alain.
Mais quel est ce petit drôle?
DU GUESCLIN
Un enfant novice, Sous mon aile élevé loin du monde et du vice, Comme David enfant par le vieux Samuel.
PATRICK, grossièrement, à Du Guesclin.
Je comprends. Ton bâtard?
DU GUESCLIN
Mon bâtard ! Juste ciel, Permettrez-vous longtemps que des choses pareilles De cet agneau sans tache offensent les oreilles?
Tableau animé. — Les soldats mangent et jouent avec les ribaudes. Dans un coin à droite, Du Guesclin et Alain s'assoient sur un tertre et mangent.
LE CAPITAINE, à Du Guesclin.
Assez! Vous devriez être encor bien contents.