‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 170 sur 214 · ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V

DU GUESCLIN

Silence ! Il faut qu'on aille D'abord jusqu'au foyer, puis jusqu'à ces barils, Enfin jusqu'à ces tours.

ALAIN

C'est bien.

DU GUESCLIN

Que de périls, Enfant!

ALAIN

Qu'importe? Allons

DU GUESCLIN

Ah ! l'heure est solennelle!

S'il fallait seulement tuer la sentinelle, J'ai ma dague. En un tour de main ce serait fait. Mais ce soldat pourrait appeler...

ALAIN

En effet.

Alors?...

DU GUESCLIN

Il va falloir le tuer sans qu'il crie, Voilà tout.

ALAIN

Je suis prêt!

DU GUESCLIN

Oh! pas d'étourderie !

Rampons vers lui comme un renard dans un sillon ; Un seul coup de poignard, et ma main pour bâillon ! Ce repli de terrain nous sert; la nuit est brune. Il ne nous verra point. Au soldat !

La lune parait.

Ah ! la lune !

Silence. — La lune disparait derrière un nuage.

Bon voyage, madame! et ne revenez pas... Devant les tours, tu vois bien ce tertre là-bas? Il y faut arriver sans bruit, à quatre pattes.

ALAIN

C'est bien!

A part.

Je ne veux plus, ô mon cœur, que tu battes !

DU GUESCLIN

Allons!

Ils traversent la scène en rampant et la remontent, chacun d'un côté différent, se dirigeant vers la sentinelle, qui se met à chanter.

L'ARCHER, chantant.

Au pays, chez nous, Dans les hautes terres, C'est l'heure des doux .Mystères.

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