‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 172 sur 214 · ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V

ALAIN, épouvanté.

Une ronde !

DU GUESCLIN, terrible.

Ah! que l'enfer me prenne et que croule le monde! Et plus de sentinelle!

ALAIN, vivement.

Eh bien ! ils me verront Son arbalète en main et son casque à mon front.

11 prend les armes du mort et va se placer près des machines.

N'est-ce pas que de loin on me prendrait pour elle?

DU GUESCLIN

C'est vrai; mais si l'on vient changer la sentinelle?

ALAIN, résolument.

N'avons-nous pas une arme? A la grâce de Dieu !

DU GUESCLIN

Brave enfant!

A droite, au fond, sur le chemin qui descend, paraissent le Bâtard de Mareuil et le capitaine, qui porte une torche. — Ils sont suivis de quelques archer"s. — Du Guesclin, avec ferveur.

Ah! monsieur saint Kado, je fais vœu De t'offrir, si d'un tel danger tu nous délivres, Une chape d'argent du poids de trente livres,

Et d'aller de Moiiaix jusques à Plougastel, Pieds nus, afin d'ouïr la messe à ton autel.

Du Guesclin reste immobile, caché derrière le canon; la ronde vient en scène. — Alain se promène sur l'élévation à gauche, comme montant la garde.

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