ACTE IV, SCÈNE IV
Ah ! la ruse est adroite, et nous l'apprécions. Elle nous eût trompés. Par malheur ! nous savions Que vous ne pourriez pas être deux fois prodigues.
DU GUESCLIN, à part, avec rage.
Ah ! trahis !
LE BATARD
C'est assez de peine et de fatigues Pour vos soldats, messire; et pour vous c'est assez, Croyez-moi, de vaillance et d'efforts dépensés. La guerre a ses hasards...
DU GUESCLIN, brusquement.
Trêve de flatterie!
Quelles conditions faites-vous, je vous prie?
LE BATARD
Soit! La place est rendue à Ghandos. Nous laissons Tous les nobles sortir en nous payant rançons; Le soldat part avec ses armes qu'il conserve.
DU GUESCLIN
C'est trop beau! Mais pour vous, monsieur ?
LE BATARD
Je me réserve Pour ma part de butin. . .
DU GUESCLIN
Ah! ah ! c'est là recueil.
LE BATARD
Ma femme seulement, Clotilcle de Mareuil.
DU GUESCLIN, ironique.
Seulement?
LE BATARD
Seulement.
CLOTILDE, à part.
C'est moi qu'il veut.
OLIVIEB, au Bâtard.
Infâme !
DU GUES CLIN, arrêtant Olivier et s'approchant du Bâtard, d'un air terrible.
Quand vous m'avez offert de livrer une femme, Vous comptiez que, malgré vos propos outrageants, Je saurais respecter en vous le droit des gens. Vous avez eu raison. Partez! La route est libre. Mais regardez d'abord que tout mon être vibre De colère,
Lui mettant la main sur l'épaule.
et sentez ce que pèse ma main ; Puis tâchez désormais d'éviter mon chemin.
LE BATARD, frémissant.
Ah!