‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 181 sur 214 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

Froidement.

Menacer n'est pas répondre. Veut-on rendre La citadelle à John Chandos ?

DU GUESCLIN

Venez la prendre !

LE BATARD s'incline, puis s'approche de Clotildc et lui parle à demi-voix.

J'espère que jugeant leurs conseils belliqueux, Madame, vous serez plus raisonnable qu'eux; Car tout dépend de vous. Donc, en votre pensée, Songez bien à ce qu'est une ville forcée : Que deviendront, parmi la fureur des assauts, Ces femmes, ces enfants, vos amis, vos vassaux? Vous savez ! c'est le vol, le carnage, la flamme! Vous êtes charitable et pieuse, madame : Vous répondrez à Dieu de tout le sang versé, Quand vous n'avez enfin, oubliant le passé, Qu'à revenir auprès d'un époux... qui vous aime...

CLOTILDE, lui coupant la parole, avec indignation.

Ah ! taisez-vous ! Assez d'injure et de blasphème ! Votre amour !... il me fait horreur et je vous hais ! Quant à Dieu, chaque jour il entend mes souhaits Et, malgré cette épreuve où sa rigueur m'expose, J'en suis sûre, il est juste et protège ma cause !

LE BATARD

Priez-le donc; mais moi, je vous dis : Au revoir !

Il sort, reconduit par Thibaut!.

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