‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 205 sur 214 · ACTE V, SCÈNE XII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE XII

Ah ! je les aimais tous, mais ce coup est le pire. J'étouffe !... Mais pourtant son cœur bat... il respire... Il parle...

ALAIN, d'une \<>i\ faible.

Mon bon frère Olivier !...

OLIVIER

Non, tais-toi...

Tu guériras... Aussi je me disais : Pourquoi Dieu me reprendrait-il mon Alain que j'adore? Non, vous voyez... il vit... Tu veux parler encore, Alain?... N'ouvre donc pas ainsi ton grand œil bleu !

ALAIN, se soulevant, avec effort.

J'ai tué le Bâtard... Glotilde est libre... Adieu !

11 meurt.

OLIVIER, se relevant, terrible.

Ah î mort ! mort ! cette fois !

Il se jette en sanglotant dans les liras de Du Gucsclin. GLOTILDE, s'agcnouillant et baisant Alain au front.

Hélas ! fleur tùt flétrie, Lys pur, va refleurir dans le ciel, ta patrie !

A ce moment le ciel s'ouvre, et clans les nuages se reproduit l'apparition du tableau précédent. Mais le spectre d'Alain est dans les bras d'Eneuerrand de Mauny.

DU GD ES CL IN, à Olivier.

0 mes braves Mauny, tous sont morts en soldats, Et tu les pleures tous, toi qui les précédas !... Mais la patrie est comme une terre épuisée Qui veut le sang des siens pour unique rosée. Sans savoir si l'on doit voir les épis germer, Qu'importe î il faut toujours la servir et l'aimer.

A Olivier.

Pleure, mais offre-lui ton deuil et ta souffrance.

Aux soldats.

Inclinez les drapeaux sur le mort !... Vive France !

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