‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 212 sur 214 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LES MÊMES, LE DUC D'ANJOU. Il entre, suivi d'une brillants escorte. Un de ses gentilshommes porte sur un coussin L'épée de connétable, dans une gaine de velours bleu, semée de fleurs de lys d'or.

DU GUESCLIN, au duc d'Anjou.

Qui me vaut cet honneur De voir un fils de France à mon lit funéraire?

LE DUC D'ANJOU, aux assistants.

Grâce au ciel ! il n'est pas trop tard.

A Du Guesclin.

Le roi mon frère.

Dont de malins rapports égarèrent l'esprit, Messire Du Guesclin, a le cœur très contrit. Il a vu s'altérer avec trop de souffrance Une amitié qui fit la gloire de la France. Mais, connaissant combien votre grand cœur l'aimait, Il vous dit d'oublier, messire, et me commet Pour clore entre vous deux ce débat regrettable. Je viens donc en son nom, monsieur le connétable, Vous embrasser et vous prier de ceindre encor La glorieuse épée aux trois fleurs de lys d'or, Qui, j'y compte, fera longtemps son noble office.

Il embrasse Du Guesclin.

DU GUESCLIN, très ému.

Ah! monseigneur, c'est trop!... c'est trop!...

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