‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 211 sur 214 · ÉPILOGUE, SCÈNE IL :;r,T · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE, SCÈNE IL :;r,T

Faites porter mon cœur au cloitre de Dinan, Chez les dominicains, où ma première femme Repose, et fondez-y cent messes pour mon aine. Puis, que mes héritiers prennent dans mon trésor Pour les soldats blessés, trente mille écus d'or. Mes armes, à mon frère Olivier je les donne. Je me remets aux mains du Seigneur ! Je pardonne A ceux qui par erreur ou par mauvaise foi M'ont pu nuire. En ce jour, je renouvelle au roi Mon serment d'allégeance, et devant vous j'atteste — Et j'en prends à témoin la justice céleste — Que j'ai toujours servi Charles fidèlement, Et que ma loyauté regrette seulement De n'avoir pas pour lui pu faire davantage. A vous autres, soldats, je laisse en héritage, A toi, Clisson, à vous, de Sancerre, Mauny, Mon labeur commencé que j'aurais bien fini Si la mort ne s'était jetée à la traverse. Ainsi qu'un laboureur qui promène la herse Pour arracher l'ivraie et les ronces d'un champ, Quarante ans on m'a vu, par la France, arrachant En tout lieu l'étendard à la double licorne. Contre l'invasion je fus comme une borne, Et devant moi l'Anglais a reculé partout! Mais vous devez mener cette œuvre jusqu'au bout :

Donc, du dernier soldat jusques au connétable, Ne dormez dans un lit et ne mangez à table Tant qu'un Anglais sera possesseur d'un lambeau De sol, qui ne soit pas le lieu de son tombeau!

TOUS

Nous le jurons!

DU GUESCLIN

Merci! je puis mourir sans crainte...

Mes amis, mes enfants, une dernière étreinte !

Le capitaine et les soldats entourent Du Guesclin et luijjbaisent les mains. Soudain éclatent au dehors des fanfares et des clameurs.

OLIVIER

Mais pourquoi tout ce bruit, page?

UN PAGE, entrant, à Du Guesclin.

C'est monseigneur

Le duc d'Anjou.

DU GUESCLIN

Pour moi ?

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