‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 34 sur 214 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

La patrie, après tout, un préjugé vulgaire,

Qui me prendrait cet ange à la prochaine guerre

Et qui le jetterait en pâture au canon!

Et cependant, o France ! il prononçait ton nom,

Ce héros que j'aimais, tombé clans la mêlée.

— Mon Dieu, s'il pouvait voir que je m'ensuis allée

Du village de France où nous fûmes heureux,

Et qu'en deuil, à travers le inonde aventureux,

J'emmène son enfant pour tenter la fortune ;

Si, tout sanglant. . . Ce songe horrible m'importune ï

Mais je suis mère, et j'ai bien fait comme je lis.

Je n'ai d'autre devoir que de sauver mon fils.

Mon àme interrogée a confiance en elle;

Elle doit écouter sa crainte maternelle.

Tout autre sentiment dans mon cœur est tari.

Daniel parait au fond.

Ah! Daniel, le vieil ami de mon mari !

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