ACTE 1, SCENE IV
Que sais-je? Eli bien, alors, moi, je me fais l'idée
Qu'il vaut mieux que mon cœur palpite à petits coups
Calmes et réguliers, comme lorsque je couds
Et marque la mesure au pas de mon aiguille.
C'est vrai : je suis encore une petite fille.
Peut-être que demain la joie ou la douleur
Doit s'ouvrir brusquement en moi comme une fleur.
Peut-être!... En attendant, votre gaîté m'étonne.
Je pense que le vrai bonheur est monotone,
Qu'il est formé de jours tous pareils, longs et doux,
Et que je suis au fond plus heureuse que vous.
PREMIÈRE GRISETTE
Je ne m'attendais pas à ta morale, certe. Mais ne croirait-on pas que nous voulons sa perte, Quand nous lui proposons d'entrer, tout simplement, Avec nous dans ce bal?
LOUISE
Ce bal? c'est donc charmant?
PREMIÈRE GRISETTE
Ah! nous voulons savoir.
DEUXIÈME GRISETTE
Nous sommes curieuse.
PREMIÈRE GRISETTE
Eh bien, je ne ferai pas la mystérieuse. C'est enivrant...
DEUXIÈME GRISETTE
Exquis...
PREMIÈRE GRISETTE
Adorable...
DEUXIÈME GRISETTE
Divin...
PREMIÈRE GRISETTE
Mieux que dans les romans de Paul de Kock, enfin !
LOUISE
Mais encor?...
PREMIÈRE GRISETTE
Dèslaporte,on estcommeentraînée:
La voûte de verdure est toute illuminée; On se trouve au milieu déjeunes gens si gais...
DEUXIÈME GRISETTE
Et surtout, comme ils sont polis et distingués !