PROLOGUE, SCÈNE I
Archange et pourfendeur de Satan. Ainsi, dame, Vous pouvez éloigner tout souci de votre Ame, Et messire Olivier est sous l'aile de Dieu. D'ailleurs, ce qui devra contribuer un peu A vous donner espoir dans une issue heureuse, C'est que notre excellente armée est plus nombreux Que celle des Anglais et que, devant Poitiers, Autour du roi, qui vient d'y prendre ses quartiers, Sont rangés les meilleurs parmi ceux qu'on redoute.
LA COMTESSE
Certes, notre noblesse est là, pour périr toute
Ou pour vaincre et chasser, jusqu'au dernier des leurs,
Ces Anglais dont l'orgueil grandit par nos malheurs.
Mais la victoire, hélas! que la France souhaite,
Peut me coûter autant, à moi, que la défaite.
Ah! que de deuils ce soir! N'importe, faible cœur,
Mieux vaudrait tous les miens morts que l'Anglais vainqueur!
Mais à présent, tout est décidé par la guerre.
La nuit est tombée peu à peu. Des pages apportent des flambeaux.
La nuit! Ah! cette nuit, je ne dormirai guère.